Avis de tempête : un vent de "Prout-Proutisation" souffle sur les blogs. C'est incontestable : j'ai vérifié ! Oh, ne croyez pas que je ne me fie qu'aux réactions hystériques provoquées par ma pauvre robe bleue marine à pois blancs... Je me doutais bien que cette tenue, taillée pour aller à la messe avec les enfants, à la Trinité-sur-Mer ou pour rejoindre, par le sentier des douaniers, la familiale et très vieille-France petite plage de Port Biren (port des poires, en Breton, ça s'invente pas...), ne laisserait pas indifférentes les hordes trotskistes qui hantent les blogs couturesques et y traquent la couture déviante, bourgeoise, quoi !

Non, j'ai bien senti qu'un désir de bleu marine et de déguisement de pensionnaire émergeait peu à peu de l'inconscient collectif... comme un fantasme... D'ailleurs, c'est bien simple, c'est Caro qui a dégainé la première avec rien moins qu'une lavallière en soie !

100_0141

Du coup, j'ai transformé l'essai avec un petit haut en coton tout droit revenu des années 50-60, sage, donc, mais qu'on doit pouvoir "Bardotiser" en l'accessoirisant. Vous voulez voir ? Alors juste une précision, avant : les photos pourries sont dues à l'appareil de mon fils, modeste, et à la défection du mien. En effet, mon Canon adoré refuse de fonctionner... Je soupçonne l'objectif de faire des siennes, et mes incursions sur des forums de désespérés de la marque laisseraient à penser qu'il me faudra en changer, puisque l'accessoire fourni avec l'appareil semble avoir tendance à tomber en panne (de la même manière chez à peu près tout le monde...) deux ou trois mois après l'expiration de la garantie... Revenons à la couture avant que je ne fonde en larmes ou que je n'envisage une opération commando...

100_0134

( Etant donné mon état d'émotivité extrême, rapport à l'état de mon Canon, vous serez mignonnes de ne pas me faire de remarque sur la situation sanitaire de mon miroir qui aurait besoin d'un bon coup de chiffon. JE SAIS !!!)

Voilà donc ce que j'ai trouvé de mieux pour me donner un look de pensionnaire... Le modèle est tiré du Stylish Dress Book 3, c'est - très précisément - le modèle R, remanié par mes soins, puisque j'ai viré les volants verticaux qui se succèdent sur trois rangs de part et d'autre de la fausse patte de boutonnage, et remplacé tout ça par un biais (qui n'en est pas un... en fait, c'est une pièce plus large positionnée dessous !). Au col et aux emmanchures, j'ai posé un biais maison taillé dans un coupon de chez Indigotex (lien dans la colonne de droite, en haut). Le tout est posé sur un coton tout simple acheté chez Eurodif à Albi, il y a des mois. J'ai exceptionnellement taillé en 9 avec marges, ce qui fait que la chose me flotte un peu dessus, mais c'est pour la bonne cause, puisque je compte proposer ce petit haut à la vente en faveur des victimes du tremblement de terre au Japon... Allez vite voir ici (j'arrive plus à coller l'image, Grrrrrrr...) :

http://inspirationjapon.canalblog.com/

Ce petit haut devrait donc convenir à un 38 raisonnable.

100_0139

100_0136 100_0138

L'honnêteté m'oblige donc à confesser les imperfections du travail : j'ai été prise par le temps, j'ai cousu tout ça de nuit (excuses... excuses...) et la couture des biais est visible, et pas finie à la main ! L'empiècement sous la patte de boutonnage est placé de manière un peu irrégulière. Bref, je pense proposer la chose à 10 €. Pas plus.

100_0135

100_0137

Et sinon, pourquoi le "Couvent des Oiseaux" ? Aucune idée... mais c'est l'expression que nous avions coutume d'employer, Nathalie et moi, lorsque nous avions 16 à 20 ans, et que nous craquions sur une robe un peu austère, un peu surannée, comme nous aimions à en dénicher dans les fripperies de Toulouse.

Cela fait déjà longtemps que nous ne nous voyons plus, Natha et moi. Il y a parfois des creux qui minent les relations, ou en révèlent les imperfections fondamentales, une fois que le quotidien ou des centres d'intérêt commun ne font plus surnager la relation. Nous ne nous reverrons pas, nous ne le regrettons pas : trop de choses avaient cristallisé un agacement profond et mutuel. Et puis nous n'avions plus rien à nous dire. Pourtant, il m'arrive, parfois, de rêver d'elle, j'utilise encore nos mots, et lors de mon dernier passage chez mes parents, j'ai croisé, à la fête foraine, son père et sa mère accompagnés d'un petit garçon de trois ou quatre ans. Je n'ai pas fait un pas en leur direction - à quoi bon - mais j'ai réussi à regarder, aussi brièvement que discrètement, ce petit bout qui ressemble à sa mère au point que c'en est bouleversant. C'est beau et bête, la vie, parfois.

 

100_0143

( Assez d'émotions pour aujourd'hui ! La couleur du haut, c'est plutôt celle-là. Sur les autres clichés, le soleil est un peu trompeur.)