Quand l'argent coule à flots...
Mais qui a parlé de crise ?! Allons allons, bande de défaitistes, va ! On vous aurait fusillés en 14, pour moins que ça... Ressaisissez-vous et regardez ce qu'on peut faire en dix minutes (oui, encore un truc de feignasse, oui !!!) avec des moufles et un budget de moins de dix euros :
Les perles et le médaillon sont en argent 925, le lien est en coton.
Et sur la bête, c'est pas si mal (à condition de ne pas choisir les photos sur lesquelles j'ai la peau des mains qui plisse... aaaahhhhhh...)
Hein, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?!
Vacances au soleil...

Mais si, mon Capitaine, il fait soleil !!!

Et puis dans le Gers, il neige, alors !
Vidabide C
Oui, à la baison, dou le bonde a le dez gui goule...

AAAHHHHHH TSHIIIIIIIIIM !
Bardon.
Il vallait vaire guelgue-chose. Dans un esbrit de dodale abdégazion, j'ai cuisidé de la vidabine C...
Exbligazion...
AAAAAAHHHHHHH TSHAAAAAAAAA... C'est bon, je crois que je me suis dégagé les sinus. Allez, un cognac hors d'âge pour la route (on est jamais trop prudent...) et on y va.
Bon, vous savez ce qu'on dit : il faut vaincre le mal par le mal !
Couverture neigeuse contre couverture neigeuse !
Oui, je suis d'une totale mauvaise foi. Ici, ce serait plutôt sucre glace contre poudreuse, mais l'image y est. Je me suis inspirée ici d'un bouquin pour lequel j'ai fondu (ah ah ah) les plombs la semaine dernière, en grande partie en raison de la photo de couverture :
que l'on retrouve en page intérieure...
et que l'on a aussi figitivement retrouvée chez moi...
Voilà un gâteau qui mériterait d'être financé par la sécurité sociale (si vous cherchez des idées pour résorber le trou de la Sécu, demandez-moi !) parce qu'il est fait à base de citron, c'est à dire de pur extrait de concentré de vitamine C. Mais oui !!!
Allez, travailleuses et mères de famille désireuses d'affronter bravement la vague de froid, sortez vos calepins et vos Moon Boots. Au supermarché, achetez :
- 150 gr de farine T65 ou T55 (pour la pâte) + 5 ou 6 cuillerées de plus pour le flan au citron
- 30 gr de sucre glace (pour la pâte) et d'autre - au pif - pour le saupoudrage
- 4 cuillères à café de maïzena
- 1/2 cuillère à café de sel
- 125 g. de beurre coupé en cubes
- 18 cl. de jus de citron (5 ou 6 citrons pressés à peu près...)
- 250 gr de sucre en poudre
- 6 oeufs
- 1 zeste de citron (bio, du coup, pour zester... ben oui ! Soyez logiques !)
Une fois de retour, quittez les moon boots, la parka, le snood, le bonnet, les moufles, le string à maches longues (oups, qu'est-ce que je dis, moi !!!), et foncez vous verser une rasade d'Armagnac pour vous remettre les idées en place.
Pour la pâte, préchauffez le four à 180 °. Sablez les 150 gr de farine avec les 30 gr de sucre glace, la maïzena, le sel et le beurre. Versez le sable obtenu dans un moule (recouvert de papier sulfurisé) et enfournez 20 minutes à peu près : il faut que ça dore un peu. Remettez-vous une rasade d'Armagnac, si vous vous sentez faiblir et jetez donc un oeil sur vos mails... On ne sait jamais... Bref, tuez un bon quart d'heure !
Pour le flan, fouettez énergiquement le jus des citrons, le sucre en poudre, les oeufs entiers, le zeste et les 5/6 cuillerées de farine. Versez le mélange sur la pâte encore bien chaude et remettez au four à 150 ° pour 40 mn environ. Le test du couteau (qui doit ressortir propre ou à peu près) sera indispensable. Il faut que le flan ait bien pris.
Sortez du four. Laissez refroidir puis recouvrez de neige sucrée.
Puis soignez-vous !
Je n'ai pas d'actions chez eux, mais si vous voulez en voir un peu plus, investissez dans le petit livre dont sort cette recette... Il coûte 7, 90 € et il est super beau, en plus !
Un battement d'aile de papillon...
et me voilà toute retournée !
Ou comment, en trois minutes, réaliser un petit rien qui fait du bien !!!
Nous étions jeunes et larges d'épaules...
etc etc... vous connaissez la chanson ! Vous connaissez aussi ma propension naturelle à m'épancher, alors je vais rester digne et m'en tenir à du factuel :
- ce pull est une copie : il a été librement interprété à partir d'une photo de magasine qui donnait à voir quelques moments d'un défilé Rykiel (si ma mémoire est bonne !!!) quelque part au tout début des années 90...
- j'ai cherché sur Google sans parvenir à trouver un cliché de l'original, le seul, le vrai, celui de la marque !
- j'avais 19 ans quand j'ai commis ce truc. Il a vieilli dans l'armoire et mériterait d'être aéré...
- je le montre parce que trois personnes me le demandent en com', et chez moi, trois, c'est beaucoup !!!
- Je laisse à Clothilde, ma top model maison, le soin de vous montrer l'essentiel : elle porte ce pull beaucoup mieux que moi.
- Le point m'est définitivement sorti de la tête, mais j'avais fait, ce me semble, des quadruples boucles (mais non, c'est pas du patinage !!!)
Attention, avalanche de photos...
(oui, il se porte sexy, tombant de l'épaule... c'est ainsi que le portait la fille brune, de type brindille, qui l'arborait, sur la photo du journal. Une fille à cheveux brillants coupés au carré. Je crois.)
(Petit picot bordure... enfin, gros picot ! Vue la laine...)
(grafting au crochet... non, je sais, ça n'existe pas... mais sur le moment, je n'avais pas envie de faire autrement.)
Allez... je vous montre quand même ce que ça donne sur la bête, mais je crois que le vrai pull était bien plus long que le mien !
Shawl devant !!!
Il est beau, il est frais, il est chaud, mon shawl, allons-y mesdames, il n'y en aura pas pour tout le monde !!!
Enfin, façon de parler, parce qu'objectivement, j'arrive après la bataille. Oui, tout le monde a déjà réalisé ce petit châle au crochet, j'en fais le pari, et si je n'avais pas hésité à ressortir le crochet de sa boite (occupée que j'étais à me démener contre deux ou trois boulets tricots) eh bien moi aussi je vous l'aurais présenté depuis longtemps. Hein, que je vous l'aurais montré depuis longtemps ?! Cachez votre enthousiasme...
Bon, petit historique (vous l'aurez voulu, fallait faire un peu mieux semblant d'y croire...)
- 7 ans (ah ben oui, c'est un historique complet ! Faut ce qu'il faut !). Ma grand-mère qui ne tricote pas mais crochète comme un dieu vivant (même pas j'exagère) me colle un crochet dans les mains et me fait faire mes premières brides, demi-brides, doubles-brides... Love story. Le crochet est mon ami.
- 16 ans. Ma grand-mère disparait. Dans les mois qui suivent, je remplis la maison de mes parents de napperons-dentelle au crochet, en coton blanc. Ma mère en met partout, sous les lampes, sur les tables. Impossible de me faire lacher le fil que je plie, noue, assemble sans fin. Inutile de faire appel à un psy, je crois que l'image est claire...
- 19 ans. Dans un magazine, une photo de défilé donne à voir un pull XXL ajouré de chez Sonia Rykiel réalisé au crochet. A partir de la seule photo, je refais le modèle (qu'il faudra que je vous montre...). Je ne le porterai jamais, faut d'occasion d'arborer un truc aussi improbable. Mais le défi m'a plu, et je regarde encore non sans fierté cette étonnante pièce.
- de 20 à 40 ans. En dehors de quelques tentatives avortées de tuniques d'été jamais finies, je ne crochète rien. Je n'en ai plus envie. Dans les magazines, le crochet est définitivement out. Je doute. Je suis incapable de finir quoi que ce soit. Je doute vraiment. et mamie est bien loin.
- 4 novembre 2011. Caro, de la Cabane d'Elilou réveille la bête qui sommeille en Laudette. Elle me fait découvrir par hasard un modèle trop charmant de châle au crochet... Elle tient le modèle (et l'idée de se lancer) d'une certaine Marjoline... qui, vérification faite, crochète super bien. Damned. Le vers est dans le fruit. Ou l'idée dans ma tête, si vous préférez. et tout au fond, la voix me redit doucement mais fermement que je suis la petite fille d'Odette.
Me voilà donc devant l'ordi, à la recherche du "pattern" gratuit qui doit me mener au nirvana crochetier ! Je fonce donc docilement chez Ravelry... où tout est EN ANGLAIS !!! Perfide Albion, tu ne m'auras pas... Une pensée pour l'Empereur... la morne plaine de Waterloo se profile devant moi, dévastée... Mais bon. Je clique.
Me voilà redirigée chez Lion Brand... Plus anglais, tu meurs... Que faire ? La pensée de Jeanne, brûlée à cause des Grands Bretons, traverse mon esprit... La pensée de la Gascogne aux mains de Richard Coeur de Lion me tord l'estomac... Richard Coeur de Lion ou un autre, hein, peu importe... Et puis zut ! Je serai une mauvaise française !!! Le temps de m'inscrire, et je suis récompensée pour ma trahison anti-patriotique : il y a une foule de "patterns" gratuits... God save the Queen, my taylor is rich, vive le plumcake... Je suis à deux doigts de demander la naturalisation roastbeef...
Après quelques minutes de recherche, mon "pattern", le Spécial Caro, dans mon jargon à moi, est là. Illisible.
Dieu merci, il y a un schéma. Rodée à la pratique du patron japonais, le dessin me suffira pour enchaîner mailles coulées et brides. Victoire.
Je précise afin d'être complète que pour les filles un peu moins inconscientes courageuses que moi, il existe un lexique très utile pour traduire les "patterns" en "patrons". Caro en communique le lien que je vous restitue afin de vous faire gagner du temps. C'est vrai, il y a des gens qui ont besoin de passer par les mots, pour communiquer. C'est respectable. Personnellement, n'étant dans le civil que prof de français, je me fais principalement comprendre avec les mains... chacun son truc !
Restait à trouver le matériel. Topo rapide : on est un samedi, il doit être 22 h. et je veux me lancer TOUT DE SUITE !!! Aucun espoir de retrouver le crochet 5,5 que je suis pourtant convaincue d'avoir mis quelque-part (mais où ? la maison semble faire 8000 M carrés de recoins, tout à coup), impossible de dénicher dans mon stock (ordonné selon des critères stricts, certes, mais hérités d'ancêtres sans doute extra-terrestres) la moindre pelote correspondant à ce qui semble être indispensable : du fin, du diaphane, du pelucheux à souhait pour un effet léger et gonflant.
Après avoir dû lutter contre mon sentiment patriotique, contre le souvenir de la défaîte de Waterloo (et je vous épargne l'empoisonnement à Sainte-Hélène...) et celui de la crémation forcée de la bergère aux acouphènes, plus rien ne me semble insurmontable : je vais utiliser un crochet de 4 (inexplicablement, j'en ai 2...) et une laine grise, pure laine d'après l'emballage pourtant peu loquace, achetée en supermarché parce qu'elle ne coûtait qu'1 € la pelote (que les snobs qui n'achètent que des écheveaux aux noms exotiques et à rallonges, de préférence sur des sites confidentiels, n'hésitent pas à se déconnecter. Je confirme, nous n'appartenons pas au même monde... Bon, mais si elles sont sympas et veulent rester, c'est possible aussi, hein, les filles !!!)
Du coup, ma version ne ressemble pas du tout à celle donnée par les autres réalisatrices du " south Bay Shawlette" (c'est son petit nom), mais pour un brouillon, elle me semble pas mal quand même. Elle m'a pris 150 gr de laine (3 pelotes) et elle fait une taille suffisante pour constituer un shawl de bonne famille...
Ultime épreuve : le blocage... L'envergure du truc (largement plus d'un mètre, quand même) rendait l'exercice périlleux. j'ai donc épinglé directement sur le dossier du clic clac de la chambre d'amis-salle de jeux, inutilisée en ce moment parce que mal chauffée. Le dossier ayant le bon goût d'être en mousse sous une housse en coton blanc... c'était parfait !
Personne ne s'en est aperçu ! Au final, je suis contente de ma créa, moins jolie que dans une version légère et aérienne, plus "grand-mère", mais - on l'aura compris - plus émouvante à mes yeux! D'autant que j'ai déjà inversti dans quelques grammes de laine moumoute et pelucheuse à souhait afin de réaliser un (ou deux, ou trois) autres shawlettes, plus orthodoxes que celle-là... et un peu moins "Odette"
A suivre, donc...









































