"Lorsque le Père Noêl était encore un bébé, il avait la même gigoteuse que celle-là. Eh oui, lui aussi a été un nourrisson aux fesses roses... Comment aurait-il pu naître déjà vieux ?! Une légende dit même que c'était un très beau nourrisson, jovial et rebondi.

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C'était une époque difficile pour les enfants. Noël ne se fêtait pas encore... c'est donc la maman du Père Noël qui lui avait cousu sa turbulette, avec un peu de velours vert lichen et un morceau de Liberty Wiltshire (oui, le Liberty existait déjà... commencez pas à chercher la petite bête, hein ?!)

Plus tard, après sa prise de conscience et tous les événements qui l'amenèrent à armer son traineau (je ne reviens pas sur des faits que tout le monde connaît parfaitement), on raconte que c'est cette même gigoteuse qui constitua sa première hotte. Elle était petite, c'est certain, mais les premières tournées étaient brèves, et les enfants de l'époque étaient peu exigeants... Une orange, un bobon en chocolat les années bisextiles, et hop ! C'était le bon temps...

Puis l'entreprise grossit et le petit sac fut remplacé par un autre, rouge et gigantesque. Un soir de Noël, un renne du nom de Rudolf, un peu porté sur le vin chaud et peu regardant sur la nourriture, confondit la turbulette abandonnée dans un coin avec une touffe d'herbes du grand nord, et il la dévora avant de s'endormir en ronflant comme un bienheureux...

A l'époque, on ne cousait pas comme aujourd'hui, d'ailleurs, le boutonnage de la turbulette était différent..."

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Bon. C'est à ce stade de mon conte de Noël que je me suis dit que ça devenait un peu gros à avaler, même pour ma belle-soeur, dopée aux hormones de grossesse et très très bon public... 

Bon sang. Je m'étais mis une pression d'anthologie pour cette turbulette issue des Incontournables pour bébés (bouquin acheté exprès pour préparer la venue de la première petite fille dans la famille depuis mon retour à la couture !), j'avais même bâti mon ouvrage avant de coudre, aux épingles puis en faufilant... un truc de dingue ! D'ailleurs, c'est simple, j'ai des preuves :

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J'étais à deux doigts de crier victoire quand j'ai réalisé que j'avais inversé le côté bouton et le côté boutonnière juste là où ça se voit le moins, tout en haut, de part et d'autre du cou... Désespoir... Restait à refermer la boutonnière (déjà ouverte, hein, à y être...), à coudre le bouton par dessus et à en faire une autre en priant la sainte patronne des gacheuses de tissu décérébrées que ça ne se voie pas trop.

Au final, ça donne ça :

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J'ai à peu près sauvé les meubles, mais il ne faut pas trop regarder l'envers des pattes de boutonnage !

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Cela dit, pour l'endroit, je considère que ça va...

Cette petite chose va rejoindre Narbonne d'ici quelques jours. Une grippe foudroyante ayant retardé le commissionaire (encore un coup de Rudolf, si vous voulez mon avis...), ce cadeau n'a pas encore été livré, mais comme la petitoune n'est attendue qu'à la mi-février... pas de panique.

Cela me laisse d'ailleurs le temps de coudre un petit ensemble ou deux... mais je peine à trouver des patrons en dessous du trois mois, et trois mois, ça nous porte à la mi-mai, saison casse-pieds s'il en est puisqu'il peut y faire chaud comme froid. Je n'ai donc pas fini d'hésiter, de tourner, de virer...

En attendant, je bloque dans l'esprit de Noël, moi qui ai eu tant de temps à m'y mettre à cause des mayas qui avaient effrayé mes élèves (des grands de 16 17 ans qui tremblaient d'inquiétude à l'idée de disparaître avant leur acné...). C'est vrai, j'avais beau regarder tout ça de haut, devoir rassurer 30 fois par jour des gens effrayés finit par porter sur le moral... Du coup, je me paie un terrible retour de flamme christmassienne, à l'heure où le français normal en est à sa gastro d'après grippe. Pour un peu je chanterais à longueur de journée Jingle bells, ce qui risque de finir par inquiéter du monde... Triste époque...