Je suis une fille ultra originale.

Petite, il me fallait absolument les jouets stars des copines (comprendre, pas forcément ceux de la télé) : la mini-poupée achetée chez le buraliste d'en face (un vrai poème, il faudra que je vous en parle, un jour...), et qui s'était révélée chauve, sous sa charlotte en tissu fleuri, le nécessaire de beauté en plastique blanc vendu au camion à jouets, sur la marché du vendredi matin, place Jean Jaurès...

Comme toute petite fille ultra originale née en 1971, j'ai aussi eu une poupée Cathy de Bella (la marque a fondu les plombs...) que j'ai adorée, la Barbie du moment (enfin, quelques-unes...), sa cousine Skypper, son accessoire Ken (enfin un monde où ça tournait rond, tiens !!!), l'arbre magique... Il n'y a que Sophie la girafe qu'inexplicablement, j'ai évitée, et la Tête à Coiffer (Bella, aussi) qui me foutait les jetons à se balader sans son corps !

Plus âgée, j'ai voulu porter "Poison" de Dior, parce que ma copine Sylvie en rêvait, puis, des années plus tard, j'ai choisi "Angel" parce qu'il était le parfum de mon amie Mimi...

Du coup, après avoir vu ceci chez Madame Lou&Jo, je n'ai plus eu qu'une envie, me pencher d'un peu plus près sur les patrons à l'unité de chez Citronille et ce malgré leur prix. Or, après avoir été d'un héroïsme tout à fait remarquable (qui consistait principalement à consulter tous les patrons puis à remplir interminablement un panier sans jamais le valider), j'ai fini par estimer que je pouvais me récompenser. Un jour, sans l'avoir du tout délibéré, j'ai foncé sur le site et j'ai acheté trois patrons. Là, comme ça. Comme une évidence. Et dans le lot, il y avait le Daisy.

Mais dans quel tissu le réaliser ? Les habituées le savent, le choix du tissu est mon grand problème... J'hésite, je tergiverse, et de fausse bonne idée en "tissu à brouillon", il m'arrive de me planter grave ! Et, plus grave encore, il m'arrive de renoncer au BON tissu, par peur de le gâcher...

Du coup, pour ce Daisy, j'ai fini par opter pour un petit vichy noir sans surprise acheté je ne sais plus quand je ne sais plus où ("Maître Yvon soufflait dans son biniou", il y en a d'autres qui ont été torturées, dans leur jeunesse, par ce poème déprimant du père Hugo ?).

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(oui, t'as vu, Elz... quelqu'un a encore fait des trucs dégueux sur mon miroir... C'est dingue, hein ?!)

Et en version surexposée, ça donne ça :

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Bon, désolée, je n'ai pas mieux en magasin, en matière de photos... Cela dit, sur les deux, la chose est correctement réalisée (j'ai suivi le patron à la lettre !!!), mais je trouve le modèle un peu court et un peu vague (oui, forcément... il y a des plis !!! J'ai vu). Et puis j'ai toujours ce problème avec les hauts dont l'empiècement des épaules est doublé : je m'y trouve engoncée, ça gonfle, bref : ça me quiche un peu ! Non ?

Cela dit, l'ensemble est sympa quand même : 

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Non, l'ouverture ne baille pas ! C'est juste que je me contorsionne pour prendre ma photo et essayer de vous montrer le petit plaisir que je me suis fait : un bouton vintage en jais XIX°... avec le motif en étoile caractéristique que l'on trouve aussi sur les dormeuses de deuil réalisées sous Napoléon III dans cette même matière qu'on ne confondra pas -merci - avec le vulgaire jais français qui n'est autre que du verre teinté de noir. 

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Parce que ma grand-mère s'était vu remettre une paire de boucles d'oreilles deuil en jais, lorsqu'à l'âge de 14 ans, elle avait perdu son père, et parce que les dîtes boucles m'ont été montrées alors que j'étais petite, puis remises, je me suis prise de passion pour cette matière opaque, d'apparence pâteuse et irrégulière, et qui plus est parente avec le charbon. C'est sur un marché aux puces, un samedi matin, à Albi (place du Castelviel) que j'ai trouvé le lot de boutons dont est issu celui-ci. J'ai sauté dessus.

Je comprendrais que vous ne trouviez pas ça terrible... Je reconnais que le lignite (c'est le nom géologique) a un aspect très spécial, et si on y ajoute les délires ésotériques de quelques-uns, c'est franchement complet... mais moi, ça me parle. J'aime l'aspect naïf de la petite étoile seule au milieu, les irrégularités de la matière qui semble avoir été roulée entre des doigts distraits. 

Pour revenir à la couture, j'ai été agréablement surprise par les patrons Citronille à l'unité. Les finitions y sont pensées, j'entends par là pensées pour être réalisées par des gnous, pattes attachées dans le dos, ce qui est franchement plaisant (mais non, pas de faire des trucs sado-mazo à un quadrupède africain !!! je parle des finitions soignées !). Cela change de certains petits livres de couture français quoique d'inspiration japonaise qui, à force de vouloir faire simple, vous conseillent des trucs très moyens... Et ça permet de finir comme il faut sa créa sans s'être initiée au burdassien (ahhhh, complexe, quand tu nous tiens !).

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Pour une fois, je suis fière de mes dessous de bras !

Du coup, je vais essayer bientôt mes deux autres patrons Citronille : l'indétrônable Meg (encore un truc d'une originalité folle), et une Henriette que je compte tenter en lin gris et avec des petites manches... le tout, en pensant à Mag qui m'avait fait découvrir ces patrons là, un jour, sur son gros canapé...

Mais en attendant, j'ai un petit défi à deux à relever, et je ne suis pas en avance ! Le patron est décalqué, le tissu choisi et lavé, mais pas repassé... et la remise des copies est le 15 mai...

En retard, moi ? Meuhhhhhh... m'étonnerait !