Il y a peu, j'ai découvert que j'étais un peu viking sur les bords, mais au fond (oui... très TRES au fond...) je suis complètement brésilienne. Samba, pain de sucre,Carioca et string fluo sur le sable... voilà de quoi je me sens faite depuis que j'ai découvert cette émission culturelle quotidienne qui éveille nos consciences en abordant des problématiques aussi exigeantes que "Séduisante au bal des pompiers" ou "glamour en talons aiguilles", et qui nous ramène aux fondements de notre pensée contemporaine en rappelant des principes forts comme celui qui veut qu'on ne mette pas de brillant à lèvres quand on a une morphologie en W.

Tout le monde a compris que je me réfère à cette institution qui revivifie le féminisme occidental depuis déjà plusieurs saisons, diffusée sur M6 (Arte n'a pas osé... trop engagé, comme programme, trop pointu !) et animée par mon nouveau Mentor : Christina C.

Oh, je vois d'ici le rictus des méprisantes, des blasées... Que celle qui n'a jamais échoué devant Les Reines du Shopping un soir de déprime, de grande fatigue, ou au hasard du zapping (chacune cochera l'excuse qui lui va le mieux, comme d'hab') jette la première pierre ! En ce qui me concerne, c'est pendant les vacances. Le reste du temps, à cette heure là, je suis occupée à sortir du boulot, à retourner la cuisine pour trouver quelque-chose à cuisiner vite et mal, ou à finir des copies ou un cahier de texte en ligne... 

C'est donc l'an passé, vers Noël, je pense, que j'ai entrevu un soir la reine Christina, dans le cadre d'une émission que je n'ai pas suivie et dont j'ai oublié le thème, arborant une "soublaYme" chemise à petites fleurs dans le rouge rehaussée d'un plastron noir uni. Mon cerveau a planté, imprimé le truc quelque-part à sa manière bien particulière, un rien sélective, et j'ai continué à plancher sur Polyeucte et Cinna. Dans mon enthousiasme tout cornélien, je n'ai pas pensé à consulter tout de suite le site de l'émission, sur M6 (mais il faut avouer que c'est une expérience risquée pour un cerveau moyen...), et mes recherches sur Google images, tardives, n'ont rien donné.

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Lorsque j'ai été prise d'une soudaine frénésie, il y a deux semaines, et qu'il a FALLU réaliser cette chemise (sous peine de ne jamais rejoindre le Valalla...), j'en ai donc été réduite à de vagues souvenirs et à un croquis pourrave miraculeusement retrouvé entre deux pages de la GMF (Grammaire Méthodique du Français, 1107 pages. Véridique).

Me voilà donc partie avec le modèle de la "aime comme Mythique" de la controversée mais difficilement remplaçable Marie, modèle doudou hyper agréable à utiliser (d'ailleurs, si c'est du Burda que Marie a réussi à simplifier comme ça, c'est une médaille qu'il faut lui donner. Voir le prix Nobel de couture. CQFD), avec mon dessin perso, un coupon de coton fleuri TOTO (je ne suis pas folle, non plus !) et un bout de lin noir, relique d'une couture C'est Dimanche portée une unique fois, pour l'enterrement de mon père. Tu as vu, Papa, j'arrive à en parler, et sans métaphores, maintenant. 

 

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L'aventure a d'abord été plutôt sympa, le style d'épisode qui vous fait juste du bien. J'ai commencé par placer mon plastron en lin en appliqué sur les deux parties du devant. La chose, à plat, rendait bien. J'ai eu envie de faire des poignets contrastés, avec une patte de boutonnage en lin noir, bien visible. Le modèle de départ, entrevu et lointain, n'était plus que le prétexte pour me livrer à des variations personnelles... Décidée à bien coudre, je me suis mise à l'ouvrage plusieurs soirs, sans me presser, sûre d'avoir renoué avec la MAC, presque en mode autosatisfaction...

La couture des boutons a été, comme toujours, une épreuve, et avec elle l'étape des finitions ultimes (fils à nouer et à rentrer...), d'autant qu'une fois la patte de boutonnage achevée, il m'a semblé que mon plastron, que j'avais cru voir long et en forme de trapèze, à la télé, était vraiment effilé du bas, et quand même très très long... Qu'à cela ne tienne ! Ce serait ma version, et pas une vulgaire contrefaçon ! J'ai balayé les doutes et achevé la chose.

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C'est devant le miroir que la terrible vérité a éclaté. Vous savez quoi ? Le Brésil est tout près des States.

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Avec son plastron long et contrasté, ma chemise me donnait des airs de cow-girl, ou, si l'on préfère, de timbrée en partance pour le festival de la Country de Mirande (je vous jure qu'il existe). La douche.

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Alors oui, globalement, la chemise est réussie, les finitions sont étrangement soignées et le lin noir se marie à merveille avec mon coton TOTO bon marché, mais le dosage est faux et l'ensemble produit un effet inattendu qui me désole. Je ne sais pas comment je vais désamorcer ça, vu que tout démontage est impossible, eu égard aux boutonnières notamment, mais je voudrais quand même la porter ma chemise... Je vais voir !

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Merci, toutefois, de ne pas me conseiller de me mettre à la country. C'est une cause perdue d'avance. On ne peut concilier Drakkar, Christina et Dolly Parton...

Rassurez-moi... J'ai de la marge avant qu'on nous confonde ?!