Depuis que je me suis remise à la couture (depuis sept ans, donc...), je n'ai pas fait preuve de la rigueur et de la volonté que les vraies passionnées ont déployé pour progresser. Il faut bien l'avouer, je couds de manière irrégulière, intuitive et branque, sans chercher à faire mieux.

Un hasard heureux, ou la chance, m'ont parfois permis de réussir des modèles de manière satisfaisante, et j'alterne, de ce fait, des cousettes désespérément faciles et des patrons plus ambitieux. Mais cette fois, j'ai compris ce que c'était qu'un patron qui demande du soin. Et qui ne négocie pas.

Lorsque j'ai découvert le patron Alysse de Slow Sunday, j'ai littéralement craqué. Il me rappelait une coupe de tunique-robe-truc vu il y a bien longtemps chez Comptoir des Cotonniers... le genre de modèle ultra original à l'époque (je vous parle d'il y a bien cinq ou six ans...). Et puis cette robe ne ressemblait à aucune autre proposée en patron, sur le marché. J'ai donc foncé. A la réception, j'ai bien constaté que le modèle était considéré comme nécessitant un niveau "avancé", mais j'ai chassé cette idée de mon esprit et attendu d'avoir le temps de m'y mettre.

En outre, me méfiant quand même de mes ambitions démesurées, j'ai choisi de commencer par un tissu "brouillon", une viscose achetée en ligne sur un coup de tête, puis -assez logiquement- stockée une éternité. Après avoir changé mille fois de destination, celle-ci devait donner une Alysse fluide du plus bel effet... C'était sans compter sur la fluidité, justement, du coupon, sur sa capacité à fuir, à glisser, à rendre inopérante toute tentative pour tracer droit.

Ajoutez au fisco ma tendance naturelle à ne jamais reporter sur mon tissu tous les repères (inutiles, évidemment !) et vous aurez un aperçu assez complet de cette chronique d'un échec annoncé. 

La coupe des pièces a été complexe, d'une part parce que le tissu a immédiatement refusé de coopérer, mais aussi parce que le patron demande beaucoup de tissu. J'ai dû ruser. Or, avec mon niveau, cela a été au détriment de la qualité du tracé. Puis le montage a commencé, assez agréable au départ, car le livret est bien fait et la patron précis. Rien à dire, de ce côté là. C'est au niveau des plis plats, devant, que ça s'est gâté : sans repères pour centrer correctement la pièce, je me suis trouvée avec des morceaux qui semblaient ne pas devoir coincider... Il y avait trop de plis, ou pas assez. Accablée par mes propres insuffisances, j'ai tranché et monté la pièce un peu à l'arrache, le flou du tissu ne permettant aucun travail rigoureux, à ce stade. Un peu comme cette copine de lycée qui fermait les yeux et criait avant d'appuyer sur l'accélérateur, au moment de croiser un camion dans une rue étroite, avec son permis tout frais en poche, j'ai monté ce qui devait être la pièce maitresse du modèle, en mode "bûcheronne".

Au final, la chose est décevante, mais point horrible, ce qui confirme que ce patron est vraiment formidable...

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Les poches sont molles (oui... j'ai aussi renoncé à les border...) et je me demande bien à quoi sert l'empiècement du haut, invisible à cause du motif.

Je vais donc retenter ce modèle mais avec de l'uni, et avant toute chose, je vais faire la version courte, tunique, qui a le mérite de ne pas être une redîte de la robe. Bref, je suis un peu vexée, mais s'incliner devant la beauté et la complexité,parce qu'on n'a pas été assez exigeante, n'est pas vexant. C'est une contrariété qui fait avancer, qui vous relance.

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Tiens... Je suis presque au garde à vous !

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Et sinon, dans la foulée, je me suis fait une nouvelle paire de boucles. Dix secondes chrono en main !

Prenez un sequin ovale, une pampille ovale aussi couleur laiton et enfilez les deux sur unemonture de boucle grande taille. Et c'est tout !

Voilà.

A suivre donc pour une blouse en chambray de chez tissu price où, pendant les soldes, c'est le stagiaire de 3ème qui préparait les commandes...

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