La couture est un artisanat, un ensemble de techniques qui exigent rigueur et précision. Idéalement, on se forme, on apprend le métier... En toute logique, j'aurais dû prendre des cours, m'y tenir. Seulement il se trouve que la couture telle que je la pratique occupe une place de choix dans mon périmètre de liberté inaliénable. Mon P-L-I. De ce fait, les obligations extérieures n'y ont pas leur place, la logique même, parfois, y subit les assauts de ma liberté individuelle qui s'y exprime à plein régime. Ceci explique mes annonces rarement suivies d'effet, mes achats anarchiques de tissu et de patrons (qui, généralement, ne vont pas ensemble), mes lubies diverses, mes complexes nombreux... et ma progression technique inexplicablement limitée, malgré des ambitions variables.

Il y a près de 10 ans, lorsque toute la bloggo s'est enflammée pour Moneta, je suis tombée en pamoison. La machine infernale s'est donc enclenchée : j'ai commandé le patron comme si ma vie en dépendait, l'oeil rivé sur les délais de livraison. J'ai reçu la chose comme d'autres ont cru saisir le graal, parcouru les pages en anglais et déplié des planches en papier de soie fragiles comme des ailes de papillon, replié tout ça avec une vague nausée de honte et décidé de différer. Une lecture providentielle de la notice en français m'avait un peu rassérénée, des mois plus tard, mais la nécessité de recourir à de l'élastique transparent m'avait à nouveau découragée... Moneta devenait mon arlésienne, mon Everest. (Merci de ne pas me rappeler que le patron est côté "pour débutante".)

Il y a quelques jours, j'ai cousu une Gusta dans un jersey sympa comme tout, acheté en coupon de 3 mètres. Il m'en restait en quantité. J'ai d'abord pensé à un petit haut de chez Fibre Mood, un Cosette, mais je n'étais pas sûre de moi, le patron n'était pas décalqué... Je trouvais que tout ça manquait d'ambition. Et d'un coup, d'un seul, j'ai pensé à Moneta. Miracle, il y avait assez de tissu ! J'ai décalqué le patron, taillé le tissu et commencé le montage. Il y a de ces moments où ne pas se poser de question est juste la solution. Aucune des difficultés précédemment rencontrées ne venait troubler ma progression. Les finitions à l'aiguille double se sont imposées comme une évidence (alors que je n'avais pas été foutue d'y penser pour Gusta...).

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Un bref passage à Albi et une visite dans un magasin de tissu, placé en lisière de la rocade qui mène à l'autoroute, m'a permis de mettre la main sur l'élastique considéré jusque là comme introuvable... Au retour, j'ai pu assembler la jupe et le haut.

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Le rêve s'est-il prolongé ? Ben non. 

Mon jersey, trop épais, ne donne pas le résultat idéal observé ici ou là. Il faut un jersey UN PEU fin, mais pas trop... L'aiguille double m'a donné un peu de fil à retordre et mes fronces ne sont pas parfaites. En outre, j'ai un peu passé l'âge de ce genre de robe... Mais bon. Moneta a vu le jour. Je réfléchis à des versions plus longues, plus estivales, mieux adaptées, quoi !

Je vous montre quand même ma victoire sur moi-même.

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Du coup, je regrette un peu le haut Cosette... Mais bon. Je préfère éviter de cultiver les remords. Ce sont de sales fleurs dont les pétales sont coupants comme du verre. On s'y blesse inutilement.

Je m'en vais réfléchir à un autre projet ! J'ai une envie de jupe qui me permette de dévolopper "l'Amour de Soi"... Eh Eh Eh (rire potache et débonnaire).