Présenter la totalité de mes matelassages, du premier au dernier.
Oui, c'est un gilet unique.
Il n'y en aura pas d'autre. En un ouvrage, la perfectionniste que je suis a fait le tour et abouti à une foule de conclusions indépassables :
- le matelassage, c'est long.
- le matelassage demande du soin.
- aucun gilet matelassé vendu en boutique, quel que soit son prix, même à trois ou quatre chiffres, n'est cher, vu l'usine à gaz que c'est.
- je ne matelasserai plus jamais rien, même sous la menace d'une arme.
- la personne qui a inventé le matelassage est une dangereuse psychopathe.
- on est autorisé à ranger dans la même catégorie les personnages qui prétendent que l'aspect répétitif de l'activité susnommée détend voir hypnotise... Moi, elle m'a donné des envies de meurtre au lance-flammes.
Bref, j'ai tenté le matelassage.
J'ai jeté mon dévolu sur le petit gilet Jeanne, de Maéli (tuto gratuit) déjà tenté il y a peu en version double face mais non matelassée. Cette fois, je voulais aller au bout de l'idée. J'ai donc prudemment ressorti des chutes : un wax hors d'âge Vlisco acheté dans une vie antérieure et qui m'avait permis de réaliser une robe improbable, une jupe et un short, et un bout de coton imprimé déjà taillé en blouse.
J'ai investi dans un peu de molleton chez Centrakor, à deux pas et dans quelques mètres de biais un peu plus large que conseillé, histoire de moins galérer. C'est là, de loin, ma meilleure idée !
Pour le reste, la réalisation avait bien commencé : j'ai assemblé le devant et le dos par les épaules, l'extérieur au niveau des coutures latérales, puis commencé à matelasser histoire de pouvoir piquer tout en évitant des coutures visibles à l'intérieur. Ce n'est donc qu'à la dernière minute que l'ai assemblé les côtés de la doublure. J'étais plein de bonne volonté ! D'ailleurs, j'avais choisi un fil rouge pour le dessus, et blanc pour le dessous...
En revanche, le matelassage a été un calvaire. Primo, c'est long. Très long. Et stressant !!! Il ne faut pas dévier, il faut veiller aux intervalles, il faut commencer par le milieu pour limiter l'impact des effets de décalage, ce dont je n'avais pas tenu compte, évidemment... Il m'a donc fallu coudre en tiraillant, recouper des bordures plus du tout en face, trembler, pester. Puis il faut rentrer les fils de piqure qui se mêlent, donnent l'impression d'avoir posé des franges...
Chance, j'avais triché sur la forme du patron : l'encolure, avec un angle m'avait posé problème lors de ma précédente version. Je n'ai toujours pas compris comment on pose un biais sur un angle. Un commentaire regrettait même avec une fausse bienveillance franchement acide que j'aie commencé la pose du biais sur le devant... Oh ! Je suis une bucheronne mais pas à ce point ! En revanche, oui, il y avait un bourrelet immonde pile à l'encolure très très disgracieux, c'était même dit dans l'article. Qu'à cela ne tienne : j'ai arrondi. Et avec mon biais large, ça passe. Un hic toutefois, j'ai posé mon petit cordon nouette trop haut. J'avais perdu le repère. Je le déplacerai peut-être mais pris dans le biais, c'est une usine à gaz en prévision.
Voilà donc la chose (sur mon dos pour la journée) :
J'en ai momentanément fini avec les gilets (si on excepte ma Dame de Fer qui n'en finit pas de zoner sur mes aiguilles...) et je vais sauter à pieds joints dans les cousettes d'été, notamment dans les petits hauts légers dont on peut changer trois fois par jour en cas de canicule !
Soyons prévoyantes. L'été finira bien par arriver...