S'il y a bien une chose que j'aime avec les blogs de couture, c'est la possibilité de rentrer en contact avec des personnes que je n'aurais jamais rencontrées, avec cette simplicité caractéristique, directe et bienveillante, dont vous avez toutes forcément déjà fait l'expérience. Evidemment, ce sont des rencontres un peu particulières, cantonnées dans des limites assez étroites, mais dont le format même autorise une certaine sincérité, une bienveillance sans calcul.

Il y a peu, j'ai cousu un petit haut japonais sans prétention, et, dans la semaine qui a suvi la mise en ligne de mon potache billet ordinaire, j'ai reçu un gentil message de Véronique qui semblait très tentée par le modèle. Or, elle ne parvenait pas à trouver le livre dont le petit haut était issu. Il se trouve que j'étais un peu moins dépassée que d'habitude. J'ai donc décalqué le patron dans la taille requise et accepté de poster les feuillets de soie. Véronique m'avait évidemment proposé un échange, mais en collectionneuse maladive de livres de couture (dont certains n'ont pas même été testés... la honte !), je ne trouvais pas matière à échanger dans l'assortiment pourtant assez vaste des ouvrages qu'elle m'avait proposés. J'avais la plupart des références...

Sans se démonter, et tenant à ne pas se sentir redevable (je suppose), Véronique a résolument pris le taureau par les cornes. Avant de donner une version tout à fait délicieuse du petit haut japonais, elle m'a d'autorité envoyé le patron du haut New Orleans de C'est Dimanche, un modèle qu'elle aime particulièrement. Et vous savez quoi ? Elle a rudement bien fait !

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Concernant la patte polo, Véronique m'avait prévenue : elle la trouvait un peu longue et l'avait réduite sur ses propres versions. Très franchement, mes compétences en matière de lecture de patron ne me permettaient pas d'évaluer le risque, que je supposais, par ailleurs, limité : un modèle conçu par des religieuses ne pouvait tout de même pas donner de résultat pornographique ! J'ai donc sottement suivi le modèle, et il faut avouer que l'ouverture est quand même profonde... 

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La couleur, en fait, c'est plutôt celle-là.

La version du New Orleans que Véronique m'avait montrée par mail était en satin et liberty, c'était une réalisation raffinée dont j'ai apprécié la délicatesse, mais qui ne convenait pas à la bucheronne que je suis. Ne me demandez pas pourquoi, mais c'est en lin noir que le modèle m'est apparu. Simple. Lisse (enfin... aussi lisse que peut l'être un vêtement en lin !). Et malgré ce choix un peu riqué, je suis contente du résultat qui correspond à ce que j'avais imaginé (ce qui est déjà, en soi, une victoire).

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Tout a donc bien roulé dans la réalisation de ce petit haut, si ce n'est un détail. Je n'avais aucune envie de finir le tour de cou avec un biais. Je préfère généralement bidouiller une parementure avec les pièces du patron correspondant au devant et au dos. Seulement là, alors que tout s'emboitait parfaitement par ailleurs, mes pièces de finition avaient décidé de me contrarier. Voulant avancer mon ouvrage, j'ai donc fouillé dans mon petit meuble à perles et rubans, et j'ai mis la main sur un bout de biais à carreaux vaguement inspiré des coloris caractéristiques d'une marque anglaise dont le nom commence par Burbe et finit par -rry. La vie étant, comme chacun sait, trop longue pour qu'on s'embête à être cohérente, j'ai décidé de tenter à nouveau l'aventure du biais.

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Au final, je suis ravie de la mésaventure ! Bon, je n'ai pas pu me résoudre à couper mon biais... Une fois en place, j'ai eu envie qu'il soit un peu visible. Du coup, il est large et il s'étire mal ce qui donne une certaine rigidité à la bordure, et matérialise presque un petit col ! Mais je trouve ça assez sympa.

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En matière de finition, le modèle est clair et précis. Il semble difficile de se planter !

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Ma quête du petit haut idéal avance donc. Si celui-ci ne correspond pas au cahier des charges que je m'étais fixé, il faut avouer qu'il est dangereusement joli et facile à mettre. En vérité, je suis à deux doigts d'abandonner les fameux critères de départ. L'essentiel de la quête n'est pas son hypothétique aboutissement, mais le chemin lui-même, en couture comme dans d'autres domaines... Bannissons la ligne droite et musardons !

Merci, Véronique, pour ce délicieux détour !