Aux fils de Lau

06 décembre 2016

Maquiller une vieille dame

Il y avait longtemps que je n'avais pas enfilé le bleu de travail, ressorti les outils du garage et joué de la ponceuse et du pinceau. Je dois avouer que cela ma manquait...

Ajoutez à cela que des recherches intuitives sur Pinterest avaient commencé à réveiller la bête qui ne sommeille jamais très profondément dans la peau de la bûcheronne. En outre, l'hiver commence à arriver et le mammifère -comme je l'avais déjà expliqué ici même pour justifier, sans doute, un achat inconsidé - nidifie avant d'hiberner. Parfaitement, Madame. Et si la pratique ancestrale de l'hibernation est en perte de vitesse chez les bipèdes du fait d'un rythme de vie parfaitement anti-naturel, il n'est pas interdit de nidifier, c'est à dire d'avoir, dès les premiers froids, des envies inconsidérées d'acheter des coussins, des plaids, des mugs,  ou d'accrocher des cadres et des étagères au mur.

En ce qui me concerne, j'ai été victime d'une conjuration qui a placé sur mon chemin une foule de petits meubles charmants qui n'attendaient que moi pour trouver une deuxième jeunesse. Comment, dans ces circonstances, prendre en considération le fait que ma maison, pleine comme un oeuf, ressemblera bientôt à un garde-meuble ?

J'ai donc croisé, chez Emmaüs, une vieille table de machine à coudre abandonnée dans un coin. Il faut croire que la mode d'en détourner le piètement en métal ouvragé a dû passer, parce qu'on en voit à nouveau partout pour moins de 40 €. J'ai hésité pour la forme (nous en avons déjà deux...) puis décidé que, bien toilettée, elle serait parfaite devant la porte d'entrée, sous l'appentis, pour présenter plantes et flacons de tailles diverses.

 

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Après observation de la bête, je me suis trouvée partagée : le dessus de la table, une bois enlevée la boite, vide désormais, qui avait abrité la machine, et qui ne me servirait à rien, était couverte d'une superbe marquetterie, raffinée à souhait, avec, sur le devant, un repère pour mesurer le tissu... Tout cela était émouvant de beauté, de travail, mais irrécupérable car abîmé par la pluie, le temps, le manque de soin. En outre, le trou laissé par la bécane était juste moche.

Le pied lui-même avait souffert : l'emplacement de la marque, dans un ovale, était vide (c'était une Frister & Rossmann).

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J'ai eu beau nettoyer le bois à l'essence de térébenthine, rien n'y faisiat : la fibre reprenait des couleurs mais les problèmes restaient entiers !

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Faute d'idée géniale, j'ai choisi d'aller auplus simple et de m'inspirer des meubles peints ou semi-peints que l'on trouve sur Pinterest (oui, encore !).

J'ai commencé par coller et clouer une plaque de contreplaqué sur la table. Adieu marquetterie...

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J'ai poncé les bords et les angles pour les adoucir, les arrondir et créer un semblant de continuité avec la bordure originale.

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Et j'ai peint en gris foncé. Au final, je suis un peu vexée, mon anthracite tire franchement sur le violet. N'est pas coloriste qui veut...

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Le résultat me convient, particulièrement pour l'usage que je veux en faire. Et puis cette table présente une bizarrerie, un truc que je n'avais jamais vu : normalement, la pédale est reliée àla roue par un mécanisme en métal. Rien de bien extraordinaire, rien que de très normal. Ici,une pièce amovible et ouvragée est en bois !

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Et je trouve ça trop chouette !

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01 décembre 2016

Faire sa tête de cochon, le regretter, recommencer.

Je suis une adepte de Marie-Claire idées. Depuis des années, j'achète ce magazine, je le lis, le relis, rêve devant, l'archive, le ressors religieusement longtemps après l'achat . Ce n'est pas que j'adhère  à tous les choix de déco, loin s'en faut. Certaines créations (en écorce ou en papier...) me laissent perplexe. Je ne corresponds pas non plus au modèle visé de lectrice : je n'ai pas les moyens d'acheter les objets de déco ou les produits mode et beauté conseillés. Mon intérieur s'accomoderait fort mal de la plupart des conseils donnés dans les pages du journal...

Mais parcourir Marie-Calire Idées, c'est comme pousser la porte d'un bazar chic qui vous fait rêver d'autre chose. C'est l'outil procrastinatoire par excellence, le rêve de l'ouvrage parfait remplaçant avantageusement la création elle-même. En outre, certaines idées créatives sont géniales ence sens qu'elles sont faisables, et je parle pas des recettes dont certaines sont devenues des classiques de la maison. Bref, c'est un de mes vices. (Ricanez pas, on en a toutes !)

Dans chaque numéro, donc, le mag propose un patron gratuit parfois offert par une marque qui s'assure par là un peu de publicité. L'offre profite à tous, et en premier lieu aux lectrices qui peuvent aller charger le patron sur le site. La Droguerie a notamment offert deux patrons de robes d'été (ici et ). J'ai donc été charmée de découvrir dans le dernier numéro une robe Iam Patterns qu'il s'agisait de réaliser : la Cassiopée. Toute à ma joie (la photo était charmeuse...), j'ai cliqué, suivi les liens et quelle n'a pas été ma déconvenue lorsque je suis tombée sur la page de la boutique, la page classique et régulière proposant le patron à la vente pour la modique somme de 14ou 15€. J'ai d'abord cru à une erreur, un lien corrompu, un code remise oublié au passage, mais non. Le patron gratuit est proposé à la vente.

Ici, une pose  Petit Larousse s'impose.

Gratuit : adj. qual. - du latin gratuitus, de gratis - 

  • Qui est fait ou donné sans qu'il en coûte rien, dont on jouit sans payer : L'enseignement gratuit et obligatoire.
  • Qui est accordé d'une manière désintéressée : Il est rare que les éloges soient gratuits.
  • Qui n'est ni motivé ni justifié : Une accusation gratuite.

Vous le sentez venir le méchant procès en sorcellerie ? (ou comment je vais fatalement illustrer la troisième définition ?!)

Frustrée, agacée, j'ai donc filé faire ma mauvaise tête sur IG où nombre de couturières encensaient le patron, jurant qu'elles coudraient la robe le week-end suivant. Avec une sale mauvaise conscience, mais un fond d'agacement amer, j'ai donc laissé un commentaire aussi acerbe qu'inutile auquel une personne charmante a répondu gentiment que le plan de coupe était offert.

Ma remarque était idiote, certes, mais j'avais déjà noté que le patron, réduit aux mensurations d'une page A4 était offert... Qu'à cela ne tienne. J'allais l'agrandir, l'imprimer, le couper, triompher (ou coudre une cassiopée pour Barbie !).

Le problème a donc rebondi lorsque j'ai tenté de négocier avec mon lecteur de PDF. Fourni avec mon ordi (acheté en juillet, doté d'un i5, respectable, donc !), celui-ci ne proposait pas l'option agrandissement... Agacement...

Et puis, agrandir oui, mais jusqu'où ? Mon mari, alerté sans doute par mes monologues et préférant éviter des test d'impression multiples, a pris les choses en main. Sur un site, il a découvert que pour que le repère qui mesurait 8 mm acquière la taille respectable de 5 cm, il fallait imprimer en 650 %. Forte de cette information, j'ai tenté l'expérience au collège... où j'ai découvert que le lecteur de PDF grossissait jusqu'à 400%, maximum non négociable.

De retour à la maison, j'étais d'une humeur de Yéti femelle en période de mentrues, envisageant presque d'acheter ce foutu patron, histoire d'en finir. Mon mari a donc opté pour l'abnégation totale (mais faut dire que subir Yéti toute la soirée...). Il a chargé le plan de coupe et lancé l'impression. Le repère de 5cm est ressorti, long de 6. 

Après réflexion, nous avons opté pour un agrandissement de 500%, et obtenu ça :

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Victoire pour le peuple !

Il restait à coller, découper, pour tailler, etc, etc...

Je m'y suis donc mise le vendredi suivant,en début d'après mid, après avoir sacrifié 15 ans de cheveux pas taillés chez une coiffeuse, pour obtenir ceci, un petit carré dégradé adorable que j'aurais dû faire depuis... ben... 15 ans :

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(on imagine l'état émotionnel dans lequel je pouvais être...d'ailleurs, c'est bien simple, je suis toute floue et ce vieux cochon de David Hamilton n'yest pour rien !)

Pour arranger les choses, j'ai allumé la TV et opté pour la rediffusion de Valmont, film sorti pour son malheur la même année (1988) que l'adaptation concurrente du roman de Choderlos de Laclos, Les Liaisons Dangereuses, celui de Stephen Frears... Me voilà donc, ciseaux à la main, un oeil sur mon patron et mon tissu (un coupon ancien choisi comme brouillon... heureusement), l'autre sur l'écran...

Ce n'est que dimanche après-midi, après avoir consacré le reste de mon week-end à des activités domestiques et pédagogiques, que j'ai compris mon erreur : j'avais pris les pièces du devant et du dos (dangereusement triangulaires, du fait du raglan combiné à l'option "chauve-souris") de travers,confondant l'encollure avec le dessous de bras.

Vous ne voyez pas ce que ça peut donner ni comment c'est possible ? Dites vous que c'est juste une horreur. Et si ça ne passe pas, prenez un doliprane, poussez le avec un armagnac et revenez : ça va s'éclaircir tout seul.

Honte. J'étais punie de ma colère, ramenée à ma petite hauteur de gacheuse de tissu prompte à faire la leçon... Instantanément, le tissu bon marché choisi pour cette tentative m'a semblé infiniment regrettable, doté d'un tomber parfait et d'une couleur sublime... épais, il devenait le coupon idéal pour une robe d'hiver.

Dégoûtée, j'ai tranché les deux pièces par le milieu pour rétablir les deux moitiés de patron que j'ai montées à l'endroit... avec une sublime couture au milieu du devant et du dos... et un haut de robe taillé, donc,pas du tout dans le droit fil !

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J'ai achevé mon montage avec une rigidité monacale (et zéro jouissance coupable, comme on s'en doute), entre autoflagellation et introspection douloureuse.

Ma cassiopée est quand même finie. 

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Au final, j'ai taillé la plus petite des deux pauvres tailles généreusement offertes sur le plan de coupe, mais il a fallu recouper deux centimètres des deux côtés du haut. J'avais réduit le bas de 10 cm devant et dos (sans quoi mon coupon-test ne suffisait pas), et je suis encore dans un sac.

La forme de la robe est ainsi faite, et elle est originale et jolie, mais : 

  • elle ne s'accommode pas d'un tissu lourd ( c'était déconseillée... je sais...on suggérait de la soie ou de la viscose toute légère.)
  • je porte mal les robes amples à fronces (je le sais depuis longtemps aussi...)

Bref, j'ai pris de grandes résolutions, à défaut d'avoir cousu la robe de l'année : je ne médirai plus quand une jeune marque de patrons vendra le fruit de son labeur. C'est de mauvais goût. Et je ne coudrai plus de robe ample avec des fronces. Même si on me donne le patron.

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22 novembre 2016

Cacher son jeu...

 

 

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... comme une pensionnaire juste sortie du couvent,

 

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mais qui aurait l'Afrique, cachée à l'intérieur !

 

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Comme je l'avais laissé entendre lors du dernier message, j'ai planché, cette semaine, sur un dossier "Manteau", tout en restant habitée par l'envie de coudre du wax. Je n'en sors pas : je crois que l'imprimé africain (formule désolante de globalité) fait désormais partie de mon petit répertoire de basiques. La mode peut changer, aller se faire voir, je crois bien que tout ceci est sans appel !

Bref, j'avais depuis longtemps l'envie de coudre une Aigue-Marine issue du livre Grains de Couture, Hommes et Femmes. Ce n'est pas le modèle qui m'avait sauté aux yeux en premier mais l'idée avait fait son chemin en souterrain et j'en étais arrivée au stade où coudre ce modèle relevait de l'évidence : nous avons toutes besoin d'une veste (oui, chez moi, c'est une veste ! Rapport à la longueur.) trapèze, classique et confortable, et nous avons grand besoin de marier le classique et l'afrique. D'ailleurs, ça rime.

En stock, j'avais un lainage bleu nuit à 10 € les 3 mètres, obtenu grâce à la tonte de quelques jeunes viscoses ou de petits polyesters, je suppose... Il faudrait quand même en finir avec l'usage générique du mot "laine" qui finit par désigner n'importe quel tissu épais d'apparence fibreuse. Passons... Vu le prix, j'ai tort de me plaindre (et j'aurais été naïve de croire à de la pure laine !), mais bon.

Le projet a pris corps lorsque j'ai eu l'illumination : j'allais faire la doublure en wax, avec le beau coupon acheté fin décembre, l'an passé, place Saint-Pierre. Celui-ci, moulte fois déplié, touché, humé, avait changé de destination mille fois...La doublure est une fin peu glorieuse mais le résultat est beau, sans compter qu'il fallait en finir avec les hésitations et les angoisses. Pressenti pour une chemise, ce beau wax serait resté intact, ma peur de foirer les raccords, pardon - ma lucidité concernant mon sens des raccords - étant légendaire.

 

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Concernant le modèle, j'ai opté pour la plupart des options : devant droit et gauche en deux parties, poches (sans rabat : j'ai eu pitié de ma Mac, pourtant stoïque devant les épaisseurs), dos en trois pièces avec martingale, manches en deux parties mais sans la patte décorative, col claudine parce que j'en raffole.

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Moralités : 

  • Ivanne est formidable. Son modèle est très bien fichu, un rien ambitieux dans la découpe, et clairement guidé. J'en ai profité pour lire (enfin !) l'intro du bouquin, et le passage sur la couture au masculin (qui n'a donc rien à voir avec le sujet) m'a beaucoup plu. Bref : Ivanne, présidente !
  • Un manteau, c'est long à coudre, surtout quand on réalise en cours de route qu'on a oublié de couper la parementure pour la doublure et que l'on a, du coup, gaspillé du wax ! Prise de conscience... sortie du couvent, quoi !

 

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Au final, je suis contente du résultat, même s'il est loin d'être régulier. Je porterai cette veste, j'en suis sûre (et même si je viens de m'offrir une gabardine superbe et déraisonnable... Passons...) parce qu'elle est originale et passe-partout à la fois et ultra chaude, ce qui devrait avoir un effet apaisant sur le hérisson qui a élu domicile dans ma gorge, rejoint ce matin par un pic vert qui s'acharne sous mon front côté droit. Je m'en vais donc de ce pas sacrifier au Dieu Paracétamol et célébrer le rituel du Grog.

Bise à toutes, au risque de vous contaminer.

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15 novembre 2016

Coudre la robe qu'on a déjà vue mille fois...

A chaque entrée dans l'hiver, je fais le même rêve. Je rêve d'un vêtement qui serait féminin (comprendre : une robe), mais confortable comme un tee-shirt (trapèze, donc, la robe), qui s'enfile et puis basta (en jersey,du coup), et qui soit chaud comme une sorte de doudou intégral dans lequel on pourrait se glisser.

Et puis généralement, j'abandonne, soit parce qu'une autre idée m'a détournée de celle-là, soit parce qu'une stupide hésitation entre deux ou trois (ou quatre) patrons possibles m'a fauchée en plein vol.

Cette année, aux prises avec un pull qui n'avance pas, des envies contradictoires en wax et un wagon de contrariétés familiales, j'ai sauté sur la simplicité : j'ai ressorti du placard à trucs un reste de molleton rayé de chez Vêtements Marins , Broderie.com (lien en haut à droite) - une tuerie déjà découpé pour ceci - et le patron de la petite robe jersey de la page 23 du Mix and Match de Yuko Sato. Ce dernier était en réserve depuis longtemps mais la mention du "dungaree" indispensable pour faire le revers des manches m'avait perturbée. Faute de cette exotique matière, j'ai ressorti un petit coupon de jersey marine coordonné au molleton et offert en échantillon lors de mon dernier achat chez VMB.C. L'idée était d'éviter les matières trop épaisses pour les parementures, histoire d'éviter l'effet Epaulettes à la Star Treck.

J'ai donc taillé et monté tout ça avec conviction, mais non sans étourderie (on ne se refait pas) : le tissu un peu déformé par le stockage et hâtivement posé sur la table n'était pas droit, ce qui a occasionné des dissymétries malheureuses au niveau des épaules. Pour le reste, j'ai opté pour un bracelet foncé en bas des manches en lieu et place du revers et j'ai rallongé le modèle de 5 bons centimètres parce je compte porter cette robe sans superposition et sans attenter aux bonnes moeurs.

Voilà la choses, sans prétention :

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La marque Petit Bateau peut encore dormir sur ses deux oreilles, mais j'ai enfin ma robe doudou (et sur ce coup là, je ne suis pas déçue ; l'hiver vient quand il veut !), et sans avoir déboursé un centime.

Reste maintenant à me remonter les manches (courtes, Dieu merci) pour commencer le montage du manteau coordonné (bleu foncé, quoi !) dont les pièces sont coupées depuis hier soir.

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27 septembre 2016

Crayonner en wax

Parmi les projets qui tiennent la tête de ma TDL (to do list... l'expression ayant disparu de tous les blogs encore en activité, je tente coquètement le sigle... c'est indémodable, un sigle ! Bref.) depuis deux ans au moins, ce qui en dit long sur la rigueur et le rythme avec lesquels je couds, il y a la simplissime et indipensable jupe crayon. En WAX.

La chose aurait pu s'éterniser encore si je n'avais mis la main grâce à Pinterest (mon principal loisir procrastinatoire) sur LE tissu qu'il me fallait pour avoir l'impulsion. Il s'agit d'un motif de taille raisonnable pour un wax,en forme d'oeil dont la pupille serait une fleur. Il existe en plusieurs coloris. Le gris et bleu a d'ailleurs été utilisé pour un pantalon (de mémoire...) par une marque de vente par correspondance.

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Le tissu, trouvé sur My Little Mercerie, m'a aussitôt harponnée, mais mes finances étant à peu de choses près dans l'état ordinaire que l'on imagine avec un fils étudiant en rade d'ordinateur avec un rapport de stage à taper, et un plus jeune en pleine croissance incapable d'entrer un mollet dans un seul de ses pantalons de l'an passé... j'ai mis le panier en attente. Bien mal m'en a pris : au bout d'une douzaine d'heures de raisonnables tergiversations, il ne restait plus qu'un  mètre du précieux tissu. J'ai foncé.

La merveille une fois reçue (très vite et bien emballée), restait à régler l'épineux problème du patron. La jupe crayon est un basique : tout le monde est convaincu d'avoir au moins 3 versions concurrentes de ce modèle dans sa patronthèque (ça n'existe pas, patronthèque ? vous m'étonnez...). Or, c'est FAUX ! Cherchez...vous verrez !

Sans compter que la mienne devait avoir la taille haute et pas de ceinture (rapport aux modèles que j'accumule dans mon tableau Pinterst "Un Dressing en Afrique"...). J'ai donc épluché quelques bouquins, honteuse d'en avoir tant, si peu utilisés, puis j'ai opté pour la version présentée dans Coudre avec un Mètre de Tissu. La jupe correspondait, les explications étaient illustrées et je n'avais pas encore conçu quoi que ce soit qui en soit issu

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De plus, le titre du livre était on ne peut plus pertinent : il s'agissait de coudre un jupe (pas mini du tout ! à mon âge canonique et du fait de ma profession qui consiste tout de même à édifier la jeunesse, il est exclu de s'afficher en "large ceinture rien dessous") dans un mètre de wax. Je rappelle pour les non initiées que le wax, qui se vend d'ailleurs en inches par pur esprit de contradiction, est proposé en toute petite largeur : 1 m. 14 à peu près une fois virées les lisières blanches qui renseignent à profusion sur le nom fleuri du modèle, son origine, l'âge du capitaine, sa marque de dentifrice, le nom de sa soeur et les mesurations de la factrice...

A ce compte là, faire des raccords précis était hors de propos, mais avec un peu de persévérance, j'ai évité la catastrophe complète. A peu près. Disons qu'on note, à bien y regarder, une indéniable bonne volonté... C'est inespéré, je vous dis!

 Place aux photos (avec une option chemise en jean que je prenais pour LA bonne idée du jour jusqu'à me voir dedant, puis avc un pull noir qui ne me satisfait pas non plus. Si vous avez un avis, des idées...)

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La taille (un S) est bonne, même si elle est confortable. Je peux me mettre aux tartines de saindoux sur brioche,couronnées de Fluff, y a de la place.

La fermeture invisible est la moins visible de celles que j'ai posées jusqu'à ce jour. Il reste néanmoins une motivante marge de manoeuvre. Tout va bien !

 

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(opération contorsion du palala pour essayer de montrer la fermeture...)

La longueur est convenable.

 

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Bref, je suis ravie... Reste à porter cette très dadame création dans le monde réel que je parcours de préférence en jean brut coupe straight ou en Chino marron-beige-marine !

Et puis... il faudra éponger un minime dégât colatéral : j'ai acquis un autre coupon de wax lorsque j'ai acheté celui-là,destiné àune jupe, lui aussi, mais froncée. Mais j'ai également, dans mes maraudes informatiques mis la main sur un autre coupon, identique au mien, mais bleu... L'hiver peut venir, et avec lui les longues soirées... Promis juré (craché aussi, à y être) je n'achète plus la moindre particule de chiffon jusqu'en janvier. Et j'ai pas dit de quelle année !

IMG_8369 VLISCO CLASSIC WAX FABRIC - CONGRÈS | This elegant pattern is the choice of…:

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20 septembre 2016

Relire ses classiques...

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Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours eu des Martine entre les mains. La pile d'albums était impressionnante, si bien qu'aujourd'hui, je serais bien incapable de les citer tous ! En outre, certaines images m'avaient marquée, plus que les récits eux-mêmes : l'envol d'une jupe rouge dans Martine à la ferme, la queue de cheval passant par une ouverture du bonnet dans Martine fait du ski (titre approximatif). La robe rose, dans Martine fait du théâtre, resta parmi mes références en matière d'élégance. C'estdans ce volume aussi que j'acquis une forme de fascination pour les greniers pleins de vieilleries, moi qui n'avais vécu qu'en appartement ou dans des constructions dépourvues de combles à entreposer des trésors.

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(LA couverture d'époque... Celle des albums que j'ai lus.)

 Martine fête son anniversaire m'a longtemps émerveillée pour les images de gâteaux, tellement plus parfaits que dans la vraie vie, au point que le goût des pommes d'amour m'a fait l'effet d'une mauvaise farce lorsque j'y ai touché. La marguerite dans les cheveux me laissait pensive : comment tenait-elle ? C'était perturbant. Elle pouvait glisser dans la crème fouettée... Mais toutes ces mousses me ravissaient etme frustraient à la fois. Les enfants du livre avaient une sorte de privilège.

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 Mais ce volume là recèle aussi une explication lumineuse, le dévoilement d'une origine, d'un rêve :

Sur cette image, j'étais certes, à mes propres yeux, la petite fille aux cheveux chatains à qui on coud une robe, scène fréquente chez Mamie Odette (même si la Singer à pédale avait une autre allure), mais aussi, déjà, quelquepart,  la jeune maman au visage juvénile de poupée Cathy et aux jambes lisses habillant sa fille comme je parais mes poupées. Tout y est : la machine, le décor pastel et clair, les plantes sur la fenêtre dont je rêve encore parce que rien de tout ça n'est compatible avec mon capharnaüm !

J'ai donc sauté sur l'occasion de m'habiller à nouveau en Martine.

Bon, vous m'aviez vu venir, avec mes gros sabots ?! Je vous montre aujourd'hui la version courte de la blouse Aime comme Martine, presque terminée début juillet et achevée hier seulement, parce que mon été a été une succession de trajets en voiture, d'ouvertures et de fermetures de valises pour accompagner ma mère dans son traîtement (opération, résultats, analyses, injections...) contre un crabe.

J'ai repris la Mac et rangé dans un coin les projets de tenues estivales (certains vieux de deux ans...), cousu quelques empiècements et ourlets, et voilà !

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J'ai opté pour une version en jersey, dans un reste du tissu de ma robe Burda. Pour éviter de me trouver dans un sac, j'ai taillé en 36 mais viré les marges de couture. Le résultat me convient, même si ça baille un peu sous les bras.

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J'aime beaucoup le dos dont j'ai taillé la partie haute en une seule pièce. Le devant, en revanche, aurait peut-être mérité d'être coupé normalement. J'ai préféré me simplifier la vie en le laissant tout d'une pièce, comme je l'ai vu sur le Blog Bee Made, mais en version robe. Sur ma blouse, le devant est un peu mou... 

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J'aime donc toujours Martine ! La saison d'en couper une autre est passée, comme celle de porter cette blouse fluide et facile à vivre mais des projets de jupe en wax tournent ferme. Je laisse la MAC à portée de main. On ne sait jamais !

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25 août 2016

Deux ans

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Deux ans que tu ne tailles plus ta vigne, que tes pas ne résonnent plus dans la maison, que tu n'es plus assis à ta place dans le canapé.

Deux ans que tu ne commentes plus les nouvelles du monde, que ton regard ne l'éclaire plus de sa vision particulière.

Deux ans qu'il fait plus sombre.

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13 juillet 2016

S'offrir l'Indispensable

Après une Blonde et un joli haut Burda en voile, il m'a semblé important de revenir à Delphine et Morissette pour persévérer dans le petit haut léger mais un peu couvrant, aléas du temps obligent.

En vérité, j'avais tenté il y a déjà quelques mois un Indispensable, mais dans un tissu à carreaux qui m'avait donné des sueurs, et un soir de poisse où je voulais, fort inexplicablement, aller vite ! Je ne le montrerai même pas : il n'est d'ailleurs ni montrable ni même fini. Il m'a néanmoins permis de constater que pour ce modèle, je taille en 38 (en 36 pour la Blonde ?!) au niveau de la carrure. Mais il est possible que je sois devenue une nageuse est-allemande des années 80 sans m'en être rendu compte. J'ai quand même fait un peu moins d'une dizaine de séances de gym cette année... C'est à dire dix fois plus que durant toute mon existence antérieure. Il est normal que ça ait des conséquences.

Bref, j'ai vaillamment redécalqué mon patron en taille 38 et taillé dans un coupon de voile acheté il y a un siècle et demi sur le site Etoffes des Héros (lien en haut à droite).

J'ai remplacé le biais d'encolure par un empiècement et opté pour le modèle 3 (basque tout autour sauf devant). J'ai aussi placé la basque un peu plus bas que prévu et je l'ai raccourcie (elle ne fait plus que 15 cm une fois le top fini). 

Place aux photos.

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J'aime bien le résultat : simple, ample, confortable, un rien transparent pour désamorcer l'aspect "première communion". Et puis la principale difficulté a été négociée (même si un repassage approximatif ne rend pas hommage à mes efforts) : je n'ai pas de "becs", de plissouillis dans l'angle où la basque rejoint le corps.

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Il ne reste plus qu'à compter sur un été médiocre et ça devrait être la tenue idéale !

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30 juin 2016

Pêcher des perles

En Afrique.

Comme on l'aura compris, j'ai tenté la jupe Perle de Nacre tirée de Grains de Couture, Hommes et Femmes, d'Ivanne Soufflet, mais dans un reste de wax, celui de ma robe Burda de 2012.

Le résultat est riche en couleurs (Euphémisme)... mais portable avec un haut sobre. D'ailleurs, à l'heure où ce billet s'affiche, elle a déjà été portéedans des conditions normales d'utilisation.

Sa réalisation est rapide mais demande un peu de soin, surtout avec un tissu aussi épais qui fait hurler le moteur de la Mac. Je suis perplexe sur un point, celui de la fermeture invisible. Comme toujours, chezmoi, elle fait coucou à qui veut bien s'y intéresser. Toutefois, je regrette un peu de ne l'avoir pas montée à la Burda. Dans les conseils donnés par Ivanne, on fermetout le côté, puis on fait une couture visible sur l'endroit qui "contourne" le zip. Cetteméthode ne souffre pas la médiocrité, mais comme ma couture n'est pas très droite, cela se voit...

Pour le reste, j'ai taillé en 38 (pour un 36,d'ordinaire, et un 34 chez Burda !)et je me suis fait peur au moment du montage : j'ai réduit les marges de couture par sécurité etje crois que j'ai bien fait.

Bon, place aux photos.

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J'ai un peu élargi la ceinture, mais, pour le reste, suivi le modèle de base.

(Oups ! Message prévu pour le 6 juillet !!! Bon ben... voilà quoi !)

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28 juin 2016

S'offrir un peu de légèreté

... et la trouver dans un patron Burda ! Vous savez... ceux qui me faisaient si peur, avant !

Bon, honnêtement, je ne comprends pas encore tout ce que Burda me raconte, mais je progresse, et je dois dire que cela fait du bien de s'en remettre à des pros, y compris pour coudre un modèle qualifié de "facile"(oui,je ne suis pas totalement cinglée, quand même...)

Pour cette petite couture légère, j'ai opté pour le chemisier 104 du numéro Burda Style 195, celui de mars 2016 (avec une robe verte, en couverture, que Sue Helen aurait pu porter entre deux cuites) et pour un voile de coton acheté une misère lors d'une mémorable vente annuelle PPMC, en Bretagne. J'avais complètement craqué pour le motif, un "fruité" stylisé très années 50 mais en version minuscule. Les couleurs fraiches mais soutenues quoique pastels sont à tomber.

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Il était exclu de gâcher ce joli coupon. J'ai donc fait quelques efforts (qui ne m'ont pas empêchée de foirer le bas de la fente tunisienne) et le résultat me plait beaucoup.

Le modèle est donc simplissime : un devant, un dos, deux manches et Basta ! L'originalité vient moins du col fendu que de la forme du fond, courbe, avec une belle longueur derrière, et surtout, du pli creux au dos, le détail qui me fait toujours craquer... J'en avais même ajouté un sur une version de la mythique 14.

Allez ! Place aux photos.

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Etpour la suite, des projets, des projets, des projets, les doigts croisés.

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