Aux fils de Lau

28 juin 2015

Enfiler des perles

Cet hiver, quand j'ai eu besoin de faire un truc de mes dix doigts, mais sans avoir l'énergie de me lancer dans une vraie création, j'ai eu envie de me faire des bijoux. Tout part de là, en général, du syndrôme de la petite fille de 8 ans qui ne sommeille jamais très profond, dans un recoin de la conscience. 

Un bijou, ça se fait vite, sur un coin de table s'il le faut. On peut le rater et le refaire, ou l'abandonner sans risque de mauvaise conscience, parce que c'est un rattage de petite taille, moins douloureux.

Et puis il y avait un souvenir à assumer ou à conjurer, ce qui revient un peu au même, celui de mon père toujours consterné quand il me voyait assembler des perles. Voir une femme adulte, sa fille unique de surcroît, exerçant un métier obtenu sur concours au terme d'années d'études dites "classiques", mariée et mère de famille, perdre son temps à une occupation inexplicable, selon lui, au delà de l'âge de 8 ans, lui semblait relever d'une forme particulière de perversion, d'un vice caché confinant à l'idiotie congénitale. Il marquait en général sa désaprobation par un air stupéfait et une demande aussi absurde que "Qu'est-ce que tu fais ????". Puis il secouait ostensiblement la tête en fermant les yeux, bouche tordue sur le côté et s'éloignait en soupirant. Parfois, pour l'agacer, je répondais "J'enfile des perles...". Lorsqu'on sait (ou devine) le double sens obscène de la formule, on comprend que l'agacement atteignait son comble. Notre vie de famille était faite de ces fausses représentations, de ces conflits sans gravité qui marquaient les limites du territoire de chacun.

Cet hiver, j'ai recommencé à enfiler des perles.

J'ai imité un modèle de collier vu en ville, à Albi, et que j'avais trouvé trop cher. Au final, l'achat des perles chez Fifi Jolipois, bien que par lot, sur fil, a coûté presqu'aussi cher que le collier fini, mais on ne se refait pas !

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J'en ai ensuite bidouillé un autre, avec une couleur un peu différente (je n'avais pas su choisir), mais je suis perplexe : je ne l'ai d'ailleurs jamais porté et il me semble appelé à être défait. On verra.

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J'ai aussi essayé d'utiliser des perles achetées à l'unité, sur des coups de coeur et sans projet, ce qui est toujours, chez moi, une très mauvaise idée, c'est à dire le moyen infaillible d'encombrer les tiroirs de choses qui n'auront jamais de destination... J'ai finalement imité un collier porté sur l'une des photos du livre Couture d'été. L'idée est d'enfiler des trucs sur une barre rigide pendue horizontalement au centre d'une chaîne. Oui, je sais, ce n'est pas clair. Regardez plutôt. Ici, le problème vient des proportions...

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Au printemps, je me suis à nouveau changée en mouton. J'ai vu un modèle sur Marie-Claire Idées, le n° 107 de Mars-Avril, et il m'a fallu le même. Certaines perles n'étant plus en vente, j'ai dû adapter, avec l'aide de l'une des vendeuses de la Droguerie de Toulouse.

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Celui-là, je le porte avec un grand bonheur, même s'il a, pour l'heure, retenu principalement l'attention d'Océane, 3 ans, et de Clémence, la plus fantasque de mes élèves de 6°.

Qu'est-ce qu'il disait, mon père, déjà ?

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26 juin 2015

Retrouver nos soeurs

Denise Gamze Ergüven.

Si vous êtes comme moi, vous devez avoir du mal à mémoriser ce nom. Et pourtant. Il est celui d'une belle personne qui vient de nous donner un film précieux. Loin de moi l'idée de crier au chef d'oeuvre : il y aura mille détracteurs pour invoquer des effets faciles, datés (un certain usage du flou déjà exploité avec brio par Andréa Arnold notamment, l'abus du gros plan... j'en passe), ou pour mentionner l'inévitable référence à Virgin Suicide de Sofia Coppola. Passons.

Le film Mustang est juste merveilleux. Il offre un moment de grâce, dans sa lenteur même, parfois, comme lorsque, tout à coup, le rythme s'accélère pour plonger le spectateur dans un suspens qui serre la poitrine...

Loin des clichés, du manichéisme et de la facilité, Mustang donne à voir le basculement de 5 destins, l'espace d'un long été, dans un village turc, à 1000 km d'Istanbul. 

Sonay, Selma, Ece, Nür et Lale sont soeurs, élevées par leur grand-mère, dans la maison familiale où vient oncles et tantes. Libres, vêtues comme n'importe quelles ados françaises, elles évoluent dans un monde qui est celui de nos campagnes du sud, dans un décor qui évoque un village, chrétien, musulman, peu importe. Et ce n'est pas l'intégrisme qui les rattrape, mais une certaine idée de la tradition, la peur du qu'en dira-t-on, la complaisance à l'égard d'une morale qui est encore celle de bien des nôtres, ici aussi.

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Parce qu'elles ont joué avec des garçons, en revenant de l'école, les filles vont être progressivement bouclées dans une maison qui n'en finit pas de se barricader. De mariage en mariage, la fratrie se décime, sous les yeux de Lale, la plus jeune, qui est le double de chacune d'entre nous au même âge : une paire d'yeux qui scrute sans tout comprendre, une paire de mains qui fouillent un monde ancien et familier à la fois, une paire de jambes qui veut jouer et puis fuir.

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Alors oui, c'est un film grave sur la condition des filles dans les sociétés patriarcales, mais sans simplisme, parce que les cinq résistent, mentent, se font avoir, tirent leur épingle du jeu ou se font écraser... Rien n'est écrit par avance et chacune incarne la complexité du féminin, de l'adolescence, du rapport à son corps et aux obligations sociales, de Sonay qui ose tout et obtient tout à Selma qui sera contrainte tout en gardant une liberté intérieure que l'on devine sous les apparences, en passant par Ece qui ne fera aucune concession.

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On rit de l'audace de la tante Emine, mais c'est pour mieux oublier qu'une femme ne couvre les débordements d'une autre que pour, plus sûrement, lui permettre de rentrer dans le rang, de correspondre à l'idéal de mesure incontournable dans ce monde brutalisé par la morale des hommes. En 411 avant JC, Aristophane faisait dire à un de ses personnages féminins que les femmes sont de celles dont on fait les tragédies... Quel talent d'anticipation ! Dans Mustang, on passe sans transition de la comédie à la tragédie, de la bêtise des garçons (soignés, dans le film...) à la douleur des filles, inévitable même après un ultime baroud d'honneur. Même grossières, audacieuses jusqu'au danger, capables d'user de l'obscénité comme d'arme, de se donner à un inconnu pour user de leur corps librement et contre la volonté des adultes, les filles doivent se soumettre, accepter, limiter la liberté à l'espace intérieur.

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Mais le plus fort, le plus émouvant, c'est sans doute la capacité de la réalisatrice à filmer les filles, l'enfance et la promiscuité heureuse entre soeurs, au milieu des tissus, de la nature familière qui est une partie d'elles-mêmes, inaliénable. C'est une manière de filmer les corps des adolescentes entre elles, sans cet érotisme ridicule et affecté qui finit toujours par être de mauvais gout, mais avec une sensualité qui est celle de l'enfance et de la confiance.

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Alors on exulte avec les filles, devant un match de foot (le comble !), on se voit, en robe d'été de coton blanc, jouer seule dans une cour, sous la treille, on se retrouve, petite, écoutant les plus grandes, sans tout comprendre, devant des plateaux de victuailles, de maléfiques gâteaux annonciateurs de catastrophes et qu'il ne faut pas manger sous peine d'être maudite... Et on voit un monde disparaître irrémédiablement, celui de l'enfance, dans ce grand effondrement que produit le temps ravageur changeant irrémédiablement les choses.

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Lale sera peut-être sauvé par l'unique recours, celui du savoir, de l'école, en la personne tutélaire, du professeur Dicec (orthographe approximative), elle qui, du fait de son jeune âge a évité aussi le pire, celui que suggèrent deux séquences nocturnes courtes mais terribles. Entrée dans le tunnel avec ses soeurs, elle en ressortira peut-être.

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23 juin 2015

Faire simple

Au terme d'une année durant laquelle je n'ai eu que peu de motivation pour coudre et absolument pas le temps, me voilà à nouveau dans la posture de l'éternelle débutante...

Pour reprendre le chemin de la MAC, il me fallait balayer les projets excitants venus affleurer à la surface de mon esprit (notamment un twin set bi-matière), et me mettre à du simple, du basique, de l'efficace, du "quiremetlesidéesenplace". Mais il fallait aussi une quête, histoire de tenir le cerveau en éveil, loin des questions existencielles.

Or, ma quête (la nouvelle !) est celle de la petite robe "droitemaispresquetrapèzemaispastrop". Je pensais l'avoir trouvée lorsque j'ai opté pour le modèle Alexia issu du livre Un Eté Couture (p. 28-29). Erreur fatale.

Une fois cousue, avec des finitions échappant à mes canons bucheronnesques ordinaires, il ne s'agissait guère que d'une nouvelle bâche, une yourte portative, un déguisement de baleine écossaise (eu égard au joli petit lin à carreaux acheté sur le blog Les Fraises). J'ai donc tranché de chaque côté, comme à l'ordinaire, et puis dans le fond, aussi. Et, dans ma rage, viré les poches pour obtenir la robe simplissime supposée me changer en écolière anglaise. Ahem...

Au final, la chose est jolie, même si les photos ne rendent pas puisque faire le point et tenir cet appareil énorme et lourd rend impossible tout cliché un peu convenable... J'ai honte : je ne mérite pas cet appareil, mais là, pour ce type d'usage, il faut avouer qu'il est inadapté !

Bref, voilà la chose, un peu molle, un peu mémère, mais pas si mal.

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J'ai renoncé à mettre une coulisse à la taille car j'ai craint que le lin, un peu rigide, ne soit pas adapté et produise un effet bouffant, étrange sur le haut !

Il va falloir attendre donc un peu pour de la vraie couture... La suite (une expérimentation de l'aiguille double) a aussi été un moment d'anthologie !

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13 juin 2015

Revenir un peu...

... même s'il y a un avant et un après, et même si dire que la vie continue après un cataclysme familial est une formule, parce que par définition elle ne continue pas pareil.

Bref.

Mon père, lorsqu'il me voyait tricoter, au mieux, fredonnait avec un air délibérément stupide et une voix de fausset "Moi j'tricote, j'suis idiote..." et passait son chemin, au pire, secouait la tête avec consternation en levant les yeux au ciel. Et passait son chemin.

Cet hiver, entre deux lectures ou deux fiches d'agrégation, j'ai repris les aiguilles avec un inexprimable tremblement intérieur, et une grande envie de faire un truc de mes dix doigts. Mon choix s'est porté sur un modèle de La Poule, déjà bien connu : le Matilda. Comme à l'ordinaire, et parce qu'inexplicablement il y a aussi des choses qui ne changent pas, je n'avais pas la bonne laine, et sans doute pas la bonne quantité, du coup, cela a donné ça :

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(Le blocage n'a pas été fait. C'est dommage sans doute, mais j'étais d'humeur à m'épargner cet effort d'organisation à une saison où faire sécher quoi que ce soit était difficile...)

Le shawl est tricoté en Alpaca Drops (coloris chiné au nom sans doute énigmatique... tellement que je l'ai oublié !). J'ai utilisé 5 pelotes que j'ai tricotées en double. Et là, une question vous brûle les lèvres. Non ? Faites un effort.

Pour tricoter en double fil un nombre impair de pelotes, il faut être magicienne ou un peu cintrée et penser à tirer le fil de la dernière par le coeur de la pelote et par le tour à la fois. Et ça marche.

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Sinon, mon appareil photo de poche m'ayant lachée, j'ai dû réutiliser le "gros" qui refuse de faire la mise au point automatique en moins de 25 minutes (et vas-y que je fais ronfler le moteur du zoom dans d'interminables "j'avance-je recule"...) depuis que j'ai changé d'objectif. Il faudra s'habituer aux clichés flous et mal cadrés, ce qui va être pratique lorsque je montrerai à nouveau de la couture. Mais bon. Ce n'est pas avant huit ou dix jours vu qu'il me reste encore à décider si ma robe à carreaux sera droite et courte ou courte avec un passant à la taille...

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07 janvier 2015

Sans commentaire

charlie

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25 août 2014

Plonger

fuir, s'en aller, mettre les voiles, s'échapper, jouer la fille de l'air, se sauver, s'éloigner, vider les lieux, quitter la scène, mettre les bouts, s'effacer, partir...

 

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Il risque de ne pas y avoir beaucoup plus à lire sur ce blog avant quelques temps.

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18 août 2014

Liquider un boulet

Rassurez-moi : vous voyez ce que cela peut donner de se lancer dans un ouvrage, un peu de biais... Cela vous est arrivé, hein ?!, de commencer une cousette à priori sans histoires tout en sentant confusément que ça s'engage mal, que de modifs en concessions, on joue avec le feu... Vous en avez eu, vous aussi, de ces créas supposées rapides et que tout donne au départ pour gagnées d'avance, mais qui inexplicablement s'éternisent, s'interrompent et ne se remettent sur le métier que pour y subir des dommages irréparables, non ?

Parce que moi, oui.

En voilà une...

J'avais de longue date repéré le tuto super bien fait de la jupe boutonnée par Maggot. Or, j'avais envie d'une jupe, voir de deux ou même trois jupes. Ma penderie en manquait et la seule vue de l'armoire en question (qui vomit le tissu comprimé au point que c'en est honteux...) prenait l'allure d'un reproche muet. 

J'avais aussi un joli reste de lin choco-prune, et la conviction d'avoir du temps en cette fin d'année scolaire (oui, on était en juin). J'ai lancé les hostilités, annoncé l'arrivée rapide d'une cousette dans le tissu en question, et peu à peu perdu la maîtrise du truc... D'abord, une configuration astrale, rien moins, a mis les objets contre moi... J'ai manqué de fil, de boutons, de temps pour en acheter. Ma mercière n°1 a liquidé son stock avant un départ, à mon sens, trop rapide, en retraite, ma mercière n°2 a pris de longues vacances motivées par la naissance de ses deux petites filles, quelque part en Bretagne... Il m'a fallu des semaines pour rassembler le matériel nécessaire.

Ensuite, j'ai voulu apporter des modifs au patron, rallonger la robe (pourquoi ? mystère...), puis la raccourcir (même remarque). J'ai envisagé des finitions stupides dont je vous épargne le détail.

Excédée, ma MAC a décidé qu'elle cochonnerait toutes les coutures de cette créa maudite, et a entrepris de tuer dans l'oeuf toute tentative de boutonnière, ce qui, sur une "buttoned skirt" est un peu balot.

J'ai quand même bouclé la chose en zappant les passants croisés qui font tout le charme du modèle, mais je n'en étais plus à un renoncement près. Voilà donc la jupe finie, avec une ceinture trop large, un boutonnage qui baille sur le ventre, et pas repassée, parce que zut.

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Mais les poches y sont ! Et on reconnait une jupe. 

D'ailleurs, avec un joli veiux haut CDC, ce serait presque pas mal : on ne la voit plus !

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Pourquoi alors ai-je tenté de l'associer avec un haut couleur curcuma ? Tout simplement parce qu'ayant taillé trop court, j'ai dû renoncer à un ourlet et finir le fond avec un biais. Dans un élan boudhiste (je suppose), je l'ai pris orange... bon, et un peu aussi parce que je l'avais en stock !

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Au final, ce n'est pas l'idée la plus stupide que j'aie eue sur ce coup là ! 

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14 août 2014

S'offrir des fleurs

J'aime bien faire mon numéro, c'est vrai, mais n'attendez pas que j'ouvre ce billet par une salve de récriminations contre ces hommes qui n'offrent jamais de bouquet, salve ponctuée par un rageur "on n'est jamais mieux servie que par soi-même !"...  je ne donnerai pas, aujourd'hui, dans la caricature de chronique féminine de bas étage.

Non. Considérons plutôt, si vous le voulez bien, que nous méritons des fleurs et qu'étant, chacune, notre meilleure amie, nous avons la saine habitude de nous fleurir, de nous épanouir.

Considérons que nos doigts sont des baguettes magiques dont naissent pétales et corolles (oui... pistils, aussi, si vous y tenez !)...

Pourquoi tant de poésie ? eh bien parce que le monde est assez dur comme ça (si vous n'avez pas un père à nouveau à l'hôpital en service d'oncologie, une mère en vrac et un fils de 19 ans en pleine crise d'émancipation, allumez la télé, ça devrait suffire pour y voir clair), et parce que j'ai décidé de tromper mes angoisses à grands coups d'African Flowers.

Alors, comme le dirait Pierre-Emmanuel Barré, les African Flowers, qu'est-ce que c'est ?! Eh bien c'est un modèle trop joli de fleur au crochet visible à profusion ICI.

Le pattern aurait été créé par Heidi Bears (?) mais je n'ai pas su remonter jusqu'à sa page, en revanche, sa traduction française est là (si, comme moi, vous ne décodez pas un traitre mot des pattrens in english, c'est encore le plus pratique...)

Pour plus de simplicité, voilà aussi le schéma proposé par une adorable internaute :

Bon, et sinon, mes fleurs à moi ?

Les voilà :

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Oui, elles ne sont que 6. Initialement, j'avais prévu d'en faire une par jour, mais j'ai jeté l'éponge malgré moi depuis une bonne grosse semaine. Très grosse, en fait, la semaine.

Mais je garde espoir. Je vais trouver mon rythme, et d'ici deux ou trois ans, je vous montre mon plaid spécial "Nouvelle Star à la Télé"... si, d'ici là, il ne s'est pas converti en coussin !

Notez, j'ai du stock pour aller au bout du projet ; j'envisage même un assemblage de couleurs...

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On verra bien !

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10 août 2014

Remonter aux origines de tous mes problèmes...

De mon goût inné pour le ménage et le rangement

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De ma tendance à coudre des trucs impossibles à porter (également appelés "robes de plage") :

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De ma passion pour les rayures et les carreaux...

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... pour les rayures et les fleurs, les bérets et une certaine idée du mocassin...

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De ma passion pour les robes que je couds ou achète, et ne porte pas... (de ces robes de vraie fille, qui bouffent, tournent et vous font un joli buste et une taille fine)

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De ma tendance à chercher l'impossible...

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De ma tendance à mme lancer sans trop réfléchir...

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De ma recherche du jean ultime :

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Mon Mad Men à moi s'intitule Aggie. Et c'est aussi un peu une madeleine de Proust. J'ai re-feuilleté ces albums rangés chez mes parents, et qui étaient mon pain quotidien lorsque j'étais petite. Ces originaux dont le plus ancien remonte à 1947 ont contribué à me forger la nostalgie d'un temps que je n'avais pas vécu, celui dans lequel me projetaient aussi certaines séries télé bien surannées, celui d'une amérique proprette et joyeuse dans les années 50 et 60.

Le premier dessinateur, celui qui a conçu le personnage de cette ado américaine est Hal Rasmusson. Après sa disparition, il a été relayé par d'autres, à mon avis moins convaincants, le personnage y a perdu en mouvement et en fantaisie. On lui a façonné une légende triste, sorte de Cendrillon contemporaine un peu cruche, loin de la gamille écervelée et pleine de vie des débuts. On est passés à des albums racontant une histoire alors que le charme des planches de la grande époque était le même que pour Calvin et Hobbes, une succession de scènes bien rythmées.

Et vous, vous avez feuilleté quoi ?

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07 août 2014

Faire enrager les puristes ou, la PRNI de la glandeuse en chef.

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En prenant des poses de gourgandine ? Allons allons... n'importe quelle ado de 14 ans fait bien pire sur sa page Facedebouc et qualifie de porno-chic ce qui flirte le plus souvent avec la gynécologie. Non, ce sont les vraies couturières qui risquent de prendre chaud (mais il est vrai que peu d'entre elles se hasardent ici. Quelques perverses, les soirs de doute, j'imagine !) parce que sur cette PRN (peut-être pas I, en fait), il n'y a aucune finition.

AUCUNE.

J'ai surjeté les deux pièces du patron épissétou ! Je n'ai fait aucun ourlet, aucune bordure. Oubliés les roulottés, adieu les parementures !!!

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En vérité, depuis deux ans que cette robe Burda est taillée, je voyais mal comment faire des finitions propres sur cette maille fluide qui glisse et marque les coutures... C'était bon pour le moral de finir un truc, même impossible à mettre ! 

Oui, parce que cette robe colle absolument at marque la culotte, le ventre, la moindre olive avalée à l'apéro... 

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L'énergie me manque pour rechercher la référence exacte du patron, mais je vous trouve ça sous peu dans ma pile de Burda. Je manque de force en cet été qui a pris la forme d'une course d'obstacles, entre angoisses familiales, initiatives stupides et micro faits divers en interne... Mais courage ! Je bénis les blogs et les bloggeuses qui aident à aller mieux ou à se raconter que ça va pas trop mal, ce qui revient au même.

Je vous embrasse toutes et je vous montre un peu de couture dès que je trouve l'énergie de faire six boutonnières et de coudre six boutons.

... et du coup, je nettoierai le miroir plus tard aussi.

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