Dans un monde parfait, il n'y aurait pas de pré-rentrée, pour la simple et bonne raison qu'il n'y aurait pas de rentrée. L'école serait inutile comme la nécessité de chercher un travail. Les hommes ne seraient soumis ni à la faim ni à la soif ni au froid. Ils ne connaîtraient qu'un doux état d'équilibre et de stabilité. Ils prendraient, pour le plaisir, un peu de repos dans un logis prévu pour eux dès avant la naissance et doté du confort simple des choses bien conçues. Dispensé de courir à sa perte en cherchant à gagner sa vie, l'homme occuperait ses journées à tresser des couronnes de fleurs à ses semblables et à bavarder interminablement avec eux en se promenant dans des champs de fleurs judicieusement privés de moustiques.

La mort serait abolie et la succession des générations assurée par un départ serein vers une autre forme d'existence choisie et connue de tous. On s'ennuirait un peu, biensûr, et puis surtout, très vite, on ne pourrait plus blairer les fleurs, mais on s'y ferait, et surtout, on coudrait des trucs magnifiques dans des tissus de dingue sans jamais foirer un montage de fermeture...

Dans un monde acceptable, on aurait le temps de se coudre les trucs qu'on veut et on s'éviterait l'essentiel des chagrins de la vie.

Dans mon monde à moi, il faut accepter la douleur, y compris celle, mineure et racontable, de foirer une robe à cause d'un coup de surjeteuse qui ouvre une cesarienne bien inutile sur le devant de la robe presque achevée... Nous dirons afin de trouver une explication que le tissu (une viscose à petits motifs des Coupons de Saint-Pierre) glissait beaucoup.

Après avoir envisagé de balancer l'irrécupérable chose à la poubelle, j'ai décidé de la cacher dans un coin afin de pouvoir y tailler des pièces lorsque j'utiliserai (ou pas) le reste du coupon qui faisait 3 mètres, quand même. Et j'ai classé l'affaire pour rejoindre les joies de la pédagogie sur site.

A part que cette petite robe issue du numéro de Modes et Travaux de cet été me titillait sévère... La robe Housse qu'ils l'appellent.

J'ai donc attendu un peu que la tension retombe, cousu mon Top Alice, puis attaqué la dite robe dans un petit lin chiné bleu, typiquement le style de tissu qui donne toujours quelque chose. Bon, il aurait peut-être mérité mieux, mais au final, la robe est faite, j'ai exorcisé, BASTA ! Je vais pouvoir passer à tout autre chose.

Je vous la montre vite fait.

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Au final, c'est une petite robe toute simple, rapide à coudre, avec un empiècement légèrement arrondi, un buste un peu étroit. Elle se coud vite (si on évite de la fusiller d'un coup de surjeteuse) et elle ne présente pas de difficulté technique. Du coup, on peut faire des coutures propres...

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Bon. Maintenant qu'il va faire froid, faudrait s'organiser pour se lancer dans des trucs un peu plus "riches".