Il y avait longtemps que je n'avais pas enfilé le bleu de travail, ressorti les outils du garage et joué de la ponceuse et du pinceau. Je dois avouer que cela ma manquait...

Ajoutez à cela que des recherches intuitives sur Pinterest avaient commencé à réveiller la bête qui ne sommeille jamais très profondément dans la peau de la bûcheronne. En outre, l'hiver commence à arriver et le mammifère -comme je l'avais déjà expliqué ici même pour justifier, sans doute, un achat inconsidé - nidifie avant d'hiberner. Parfaitement, Madame. Et si la pratique ancestrale de l'hibernation est en perte de vitesse chez les bipèdes du fait d'un rythme de vie parfaitement anti-naturel, il n'est pas interdit de nidifier, c'est à dire d'avoir, dès les premiers froids, des envies inconsidérées d'acheter des coussins, des plaids, des mugs,  ou d'accrocher des cadres et des étagères au mur.

En ce qui me concerne, j'ai été victime d'une conjuration qui a placé sur mon chemin une foule de petits meubles charmants qui n'attendaient que moi pour trouver une deuxième jeunesse. Comment, dans ces circonstances, prendre en considération le fait que ma maison, pleine comme un oeuf, ressemblera bientôt à un garde-meuble ?

J'ai donc croisé, chez Emmaüs, une vieille table de machine à coudre abandonnée dans un coin. Il faut croire que la mode d'en détourner le piètement en métal ouvragé a dû passer, parce qu'on en voit à nouveau partout pour moins de 40 €. J'ai hésité pour la forme (nous en avons déjà deux...) puis décidé que, bien toilettée, elle serait parfaite devant la porte d'entrée, sous l'appentis, pour présenter plantes et flacons de tailles diverses.

 

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Après observation de la bête, je me suis trouvée partagée : le dessus de la table, une bois enlevée la boite, vide désormais, qui avait abrité la machine, et qui ne me servirait à rien, était couverte d'une superbe marquetterie, raffinée à souhait, avec, sur le devant, un repère pour mesurer le tissu... Tout cela était émouvant de beauté, de travail, mais irrécupérable car abîmé par la pluie, le temps, le manque de soin. En outre, le trou laissé par la bécane était juste moche.

Le pied lui-même avait souffert : l'emplacement de la marque, dans un ovale, était vide (c'était une Frister & Rossmann).

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J'ai eu beau nettoyer le bois à l'essence de térébenthine, rien n'y faisiat : la fibre reprenait des couleurs mais les problèmes restaient entiers !

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Faute d'idée géniale, j'ai choisi d'aller auplus simple et de m'inspirer des meubles peints ou semi-peints que l'on trouve sur Pinterest (oui, encore !).

J'ai commencé par coller et clouer une plaque de contreplaqué sur la table. Adieu marquetterie...

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J'ai poncé les bords et les angles pour les adoucir, les arrondir et créer un semblant de continuité avec la bordure originale.

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Et j'ai peint en gris foncé. Au final, je suis un peu vexée, mon anthracite tire franchement sur le violet. N'est pas coloriste qui veut...

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Le résultat me convient, particulièrement pour l'usage que je veux en faire. Et puis cette table présente une bizarrerie, un truc que je n'avais jamais vu : normalement, la pédale est reliée àla roue par un mécanisme en métal. Rien de bien extraordinaire, rien que de très normal. Ici,une pièce amovible et ouvragée est en bois !

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Et je trouve ça trop chouette !