Malgré les températures anormalement élevées de ces jours-ci, il faut quand même arrêter de coudre des blouses transparentes et des robes sans manches. Aussi ai-je résolu de me mettre aux cousettes d'automne.

En fait, j'avais une idée. Je brulais de refaire une Eugénie, patron déjà testé trois fois, ici , et , sans le moindre désagrément ni l'ombre d'une surprise. Et je comptais rallonger les deux panneaux de la robe de 15 cm chacun pour la coudre en viscose lurex des Coupons de Saint-Pierre et obtenir une de ces robes BOHO fleuries et vagues que l'on voit partout. Avec un patron validé deux fois et formidable à coudre, plus un tissu ad hoc, il ne pouvait rien m'arriver.

C'était oublier que la couture aux fils de Lau tient toujours un peu de la voltige et de l'irrationel... En fait, c'est une conjuration intergalactique qui s'est mise en place pour me casser les bonbons.

Primo,je suis tombée en panne de biais thermocollant pour le décolleté. Or, et même si je bucheronne encore beaucoup, je ne fais plus sans ! J'ai d'ailleurs testé avec, mais aussi en mode "pas-la-peine", et je peux affirmer qu'il n'y a pas photo. J'ai donc couru chez mon dealer habituel qui était en rupture de stock et envisageait très sérieusement de ne pas en recommander ! Un deuxième magasin m'a refoulée sans ménagement : on ne voyait même pas de quelle espèce de perversion je pouvais être atteinte pour demander un truc pareil, sans doute inventé par mon cerveau malade. Passons. Il m'a fallu aller à la mercerie d'Ortholan pour obtenir qu'on me commande bien volontiers l'article. (Note pour moi même : ne plus rien acheter ailleurs que dans cette boutique là.) La livraison a pris cinq jours... Un week-end à Paris pour visiter notre juriste peut-être futur ténor du barreau, a occupé la semaine et provoqué un embouteillage de copies... 

Une fois en route (pour Eugénie, pas pour la capitale !), j'ai dû composer avec la viscose lurex déjà utilisée pour ma robe Trésor et me rappeler que ce tissu, comme le remarquait Teï dans un commentaire, n'a pas l'élasticité du jersey mais se comporte un peu pareil : il semble s'étirer et doubler de surface une fois le vêtement assemblé. Bref, après les finitions, je me suis trouvée dans une robe qui m'a tout à coup semblé trop grande. Un peu vexée, j'ai repoussé au lendemain toute forme d'action et "bargeotté" en continu jusqu'à ce que vienne l'idée : élastiquer la couture de jonction entre haut et bas, dans le dos, mais aussi sur les côtés du devant, entre la couture latérale et la pince, afin de laisser à plat l'endroit où les deux pans du haut se croisent. Aussitôt dit, aussitôt fait !

Et le résultat me plait. Oui, hein, c'est historique...

Bon, ça ne révolutionnera pas la couture amateur, mais ça n'encombrera pas tout de suite les mosaïques de Vinted !

Je vous montre :

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Et voilà pour le secret de l'élastiquage sauvage...

Bon, le duende daigne me visiter quand il ne sait vraiment pas quoi faire d'autre et ça me suffit. Les projets s'amoncellent à nouveau, une autre robe est taillée et attend que je déloge Sainte Flemme pour réenfiler la surjeteuse en noir. En outre, mes fouilles archéologiques m'ont permis de remettre la main sur le dernier numéro de Marie-Claire Idées, perdu de vue et retrouvé à sa place sur la table du salon, alors que je commençais  à chercher des coupables jusque dans les départements mittoyens... Il y aura donc peut-être de la blouse à col volanté au dessert !